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RBC
En fondant Smart Reno en 2012, Andrei Uglar avait pour objectif d'aider les Canadiens à réaliser leurs projets de rénovation. Malgré les nombreux défis, l'entreprise est devenue un leader dans son domaine et poursuit son expansion.

Vous êtes-vous déjà demandé comment les entrepreneurs réussissent à transformer leurs rêves en réalité ? Ce qui les motive à repousser les limites, à susciter le changement et à faire progresser leur industrie ? Dans notre série #maréalisation, des propriétaires de petites entreprises canadiennes racontent comment ils ont transformé leurs idées, leurs objectifs et leurs passions en réalité.

Les gens qui désirent entreprendre un projet de rénovation peuvent trouver le processus complexe et ne savent pas toujours à qui faire appel. Les entrepreneurs peuvent avoir de la difficulté à trouver des clients. Smart Reno, chef de file dans le marché de la rénovation domiciliaire au Canada, est là pour leur simplifier la vie. La plateforme met en relation les consommateurs avec des professionnels de la rénovation qualifiés et aide les entrepreneurs à faire croître leur entreprise en leur référant de nouveaux clients.

Le fondateur de SmartReno, Andrei Uglar, raconte comment il a identifié un problème dans le marché de la rénovation domiciliaire et s’est mis à la recherche d’une solution en s’inspirant de son expérience dans les domaines de la finance et du numérique, afin de concevoir une solution technocréative qui permet de concrétiser 35 000 projets par année, d’une valeur de plus de 200 millions de dollars.

Q. : Qu’est-ce qui vous a amené à devenir entrepreneur?

Andrei Uglar : J’ai commencé ma carrière chez RBC Marché des capitaux avant de passer huit ans chez Transcontinental. J’y ai vécu une expérience d’intrapreneurship quand on m’a confié la responsabilité d’une division, Weblocal.ca. C’est dans cet environnement que j’ai pris goût à lancer des produits et à créer des équipes. J’aime créer quelque chose à partir de rien, bâtir des cultures d’entreprise et embarquer des gens dans un projet commun. C’est ce qui m’a motivé à devenir entrepreneur.

Q. : Qu’est-ce qui vous a motivé à fonder Smart Reno?

Andrei Uglar : Quand je cherchais une idée pour lancer mon projet d’entrepreneuriat, j’ai passé beaucoup de temps à identifier un problème. Dans le domaine de la rénovation, il y avait un problème de confiance avec les entrepreneurs. J’avais moi-même déjà fait faire des travaux chez moi et j’avais découvert comment les rénovations pouvaient représenter un défi. Sans les bonnes ressources, on peut avoir des mauvaises surprises et c’est stressant. Je suis certain que plusieurs personnes qui ont entrepris des projets de rénovation se reconnaissent dans ces défis. J’ai donc essayé de trouver une solution à ce problème.

La rénovation, ce n’est pas une passion pour moi, ce n’est pas du tout mon domaine. Je me suis lancé en affaires parce que j’ai identifié un problème pour lequel j’étais passionné par l’idée de trouver la solution.

Q. : Qui vous a soutenu dans votre projet?

Andrei Uglar : Comme j’avais une formation en finance, j’ai dû m’entourer d’une équipe composée de spécialistes en technologie pour bâtir la solution et d’experts opérationnels pour faire rouler l’entreprise. J’apportais la vision, le financement et la culture d’entreprise. On n’avait pas nécessairement besoin de gens qui ont une expertise ou une passion dans le domaine de la rénovation pour bâtir Smart Reno.

C’est essentiel de très bien se connaître en tant qu’entrepreneur, ses forces et ses faiblesses, afin de pouvoir s’entourer de personnes qui ont des compétences complémentaires aux nôtres.

J’ai reçu un grand soutien de l’équipe en général, mais surtout de l’équipe de direction de Smart Reno, qui m’a beaucoup soutenu dans les moments plus difficiles.

Q. : Comment avez-vous financé Smart Reno et alimenté sa croissance?

Andrei Uglar : J’ai eu la chance de pouvoir compter non seulement sur le soutien financier mais aussi sur les conseils de quatre anges financiers, des entrepreneurs en série ayant vendu plusieurs entreprises. Ils m’ont guidé à travers certaines étapes tout au long de la croissance de l’entreprise. On a également reçu du financement de différentes sources.

Quand on est entrepreneur, on est toujours en train de recueillir des fonds pour ne pas manquer d’argent et nourrir la croissance de l’entreprise. À chaque ronde de financement, il faut prouver que l’entreprise a fait assez de progrès et mérite plus d’argent.

J’ai siégé au conseil d’administration d’Anges Québec, l’un des plus gros regroupements d’anges en Amérique du Nord. C’est l’un des canaux qui donnent accès à un réseau d’anges investisseurs. PME Montréal est aussi un acteur très présent dans l’écosystème pour les compagnies en démarrage.

Il faut investir de son temps et de son argent pour démontrer aux investisseurs qu’on croit dans notre projet et qu’on est passionné. Donc, j’ai investi mon propre argent. J’ai travaillé quelques années sans me verser de salaire pour montrer que je suis pleinement impliqué dans le projet et que je suis prêt à faire des sacrifices financiers pour donner une chance à l’entreprise de croître.

Avec les ressources qu’on avait chez Smart Reno, on avait fait pas mal le maximum qu’on pouvait. C’est à ce moment-là qu’on a envisagé de vendre une part de l’entreprise pour continuer de progresser. Smart Reno a récemment été acquise par RBC Projet Entreprise inc., une filiale de la Banque Royale du Canada.

En nous joignant à RBC Projet Entreprise, on est en mesure de réaliser des ambitions qu’on n’aurait pas pu atteindre seuls. Les synergies, les canaux de distribution, la renommée, le marketing et les ressources financières de RBC nous permettent de rêver plus grand. On a maintenant les moyens de faire de Smart Reno le leader incontesté dans le domaine de la rénovation à travers le Canada.

Q. : Quel est le meilleur conseil qu’on vous a donné quand vous avez démarré votre entreprise ?

Andrei Uglar : Garder le focus et essayer de faire seulement trois choses à la fois. Ça prend de la discipline, mais c’est important pour faire progresser les affaires. Quand on lance une entreprise, c’est facile de faire plein de choses, mais notre temps est très précieux. Il faut se concentrer sur ce qui amène le plus de valeur à l’entreprise. Beaucoup d’entrepreneurs ont de la difficulté à établir des priorités. J’essaie toujours de découper mes tâches par semaine, de me concentrer sur ce que j’ai à faire durant une semaine donnée et de ne pas penser à la semaine suivante.

Q. : Quels sont les défis auxquels vous avez été confronté en tant que propriétaire d’entreprise et comment les avez-vous relevés?

Andrei Uglar : On a des hauts et des bas. Les liquidités sont plus petites à certains moments, parfois on n’a pas assez d’argent pour payer les salaires. On pourrait trouver mille et une raisons d’abandonner à chaque coup dur. Mais il faut persévérer et faire preuve de tolérance pour passer au travers.

On a souvent des remises en question. Presque chaque matin, on se demande pourquoi on s’est compliqué la vie, pourquoi on fait tout ça. De plus, quand on est entrepreneur, on se retrouve souvent seul au sommet. On a toute la pression de l’entreprise sur nos épaules. On préfère ne pas partager nos défis et nos craintes avec nos proches, car on ne veut pas qu’ils s’inquiètent. C’est difficile pour ceux qui ne sont pas entrepreneurs de comprendre dans quel état d’esprit on est. On se retrouve donc souvent seul et isolé.

J’ai essayé de combattre cet isolement en faisant partie de plusieurs groupes d’entrepreneurs avec qui je pouvais partager ce que je vivais.

Je fais partie du Groupement des chefs d’entreprise du Québec. C’est un club qui nous permet d’être en contact de façon mensuelle avec d’autres entrepreneurs qui vivent des situations similaires. J’ai aussi fait un programme à l’école d’entrepreneurship de Beauce, qui m’a permis de partager avec un groupe d’entrepreneurs en technologie.

C’est important d’avoir un groupe de soutien autour de nous pour passer à travers les moments difficiles et nous aider à persévérer.

Q. : Comment trouvez-vous du personnel qualifié pour vous aider dans la croissance de votre entreprise?

Andrei Uglar : On recrute beaucoup auprès des personnes avec qui on a travaillé dans le passé, car elles nous connaissent et nous font confiance. Ces gens-là peuvent ensuite nous recommander d’autres personnes de leur entourage. On trouve donc surtout du personnel par le bouche-à-oreille.

Parce qu’on est une entreprise en démarrage, parce que l’emploi est risqué et pas nécessairement très bien payé, ça prend des gens qui sont prêts à faire un sacrifice financier et à prendre certains risques pour venir travailler chez nous. C’est plus facile de convaincre des gens avec qui on a déjà travaillé ou des gens pour qui c’est important de faire une différence. Pour les attirer, il faut leur transmettre notre passion. Nos employés doivent adhérer à notre vision. Ce n’est pas facile de bâtir une équipe solide de personnes qui sont aussi passionnées que nous et qui sont prêtes à faire des sacrifices pour faire partie de l’aventure.

Q. : À quoi attribuez-vous le succès de Smart Reno?

Andrei Uglar : La persévérance, c’est la clé du succès. On se trompe, on recommence, on tombe, on se relève, on fait des erreurs, on apprend. Chaque jour, il y a bien des raisons d’abandonner ce que l’on fait parce que c’est difficile, mais notre persévérance nous permet de continuer. On garde en tête notre vision à long terme et on travaille toujours dans ce sens-là.

Q. : Quelle est la prochaine étape pour Smart Reno?

Andrei Uglar : Avec l’aide de RBC, on veut propulser Smart Reno pour devenir une marque connue à travers le Canada. Le segment de marché de la rénovation est encore petit. On veut changer les habitudes des consommateurs pour que ça devienne un réflexe naturel pour eux de faire affaire avec Smart Reno au lieu de se servir du bouche-à-oreille. On veut que les gens pensent à Smart Reno quand ils veulent faire une rénovation.

Nous sommes maintenant présents dans les 10 plus grandes villes du Canada et allons poursuivre notre expansion à travers le pays.

Q. : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui démarrent ou souhaitent démarrer une entreprise?

Andrei Uglar : Même si c’est difficile, c’est important de trouver l’équilibre entre être assez entêté pour ne pas abandonner et rester concentré sur l’objectif et être assez flexible pour être capable de s’adapter aux changements du marché.

On peut avoir tendance à se décourager face aux difficultés. Parler à des gens qui sont passés par là peut nous aider à relativiser et à trouver des solutions.

Il ne faut pas avoir peur de l’échec. Dans une entreprise en démarrage, on prend tous les jours une multitude de décisions basées sur de l’information incomplète. On va faire bien des erreurs. Il ne faut pas avoir peur de se tromper et de prendre des risques.

Après chaque échec, on apprend des choses qu’on va pouvoir appliquer plus tard. On réduit la probabilité d’échec pour la prochaine fois, ce qui devrait éventuellement nous mener sur la route du succès. Il faut essayer des choses, car l’inaction est la pire chose pour une entreprise. C’est aussi important d’être optimiste de nature.

Plus on prend des risques, plus la récompense devrait être intéressante. Fonder une entreprise demande beaucoup de travail, mais les efforts en valent la peine. Lancer une entreprise à partir de rien, créer un produit, mettre en place un service qui n’existait pas avant, bâtir une équipe et créer des emplois procure un grand sentiment d’accomplissement. C’est extrêmement valorisant de sentir qu’on contribue à créer de la valeur dans la société. On ne le fait pas pour l’argent, on le fait par passion et par volonté d’accomplissement.