En bref
- La mi-année est le moment tout indiqué pour un bilan financier : suffisamment de temps s’est écoulé pour évaluer vos progrès par rapport à vos objectifs, et il reste encore assez de temps pour apporter des ajustements avant les échéances de fin d’année.
- L’endettement évolue au fil d’une carrière dans le domaine de la santé, et la stratégie à adopter doit évoluer en conséquence.
- Si vous exercez au sein d’une société professionnelle, la mi-année est encore un bon moment pour revoir certaines décisions liées à la rémunération et aux bénéfices non répartis.
- La protection du revenu mérite également un examen attentif, car une carrière dans le domaine de la santé ne s’accompagne généralement ni d’un régime de retraite, ni de congés payés, ni d’une couverture invalidité.
À mi-parcours de l’année, les objectifs que vous vous étiez fixés en janvier se heurtent aux exigences du quotidien et aux imprévus. Certains demeurent tout aussi importants qu’au départ, tandis que d’autres ont cédé le pas à des priorités plus pressantes. Quoi qu’il en soit, la mi-année est un moment propice pour faire le point : suffisamment de temps s’est écoulé pour voir où vous en êtes, et il reste encore assez de temps pour rectifier le tir avant les échéances de fin d’année.
Pour les médecins et les dentistes, cet exercice comporte toutefois certaines considérations particulières. Quelle que soit l’étape de votre carrière, les cinq questions qui suivent tiennent compte des réalités financières propres aux professionnels de la santé.
1. Vos principaux objectifs sont-ils toujours les mêmes ?
Les priorités peuvent changer rapidement. Un objectif qui vous semblait prioritaire en janvier peut être relégué au second plan par l’achat d’un cabinet, l’acquisition d’une participation dans un cabinet ou l’arrivée d’un enfant au cours des six derniers mois. Dans le domaine de la santé, les grandes étapes de carrière sont souvent à la fois bouleversantes et coûteuses, et chacune d’elles peut modifier ce vers quoi votre argent doit être orienté.
Voici une bonne question à vous poser : les objectifs que vous vous êtes fixés il y a six mois sont-ils toujours les bons ? Si un changement important est survenu dans votre vie personnelle ou professionnelle depuis, il vaut la peine de vous demander si ces objectifs méritent toujours de figurer en tête de liste.
Si vos priorités ont changé, l’étape suivante consiste à les réévaluer et à réorienter votre épargne et vos flux de trésorerie en conséquence, afin que les objectifs qui sont devenus plus importants disposent des ressources nécessaires pour être atteints.
2. Votre épargne est-elle placée aux bons endroits ?
Épargner suffisamment ne représente qu’une partie de l’équation lorsqu’il s’agit d’atteindre ses objectifs financiers. Le choix des comptes et des véhicules d’épargne peut être tout aussi déterminant. Comme c’est souvent le cas pour les professionnels de la santé, le fait de commencer à gagner un revenu substantiel plus tard dans la vie active réduit la période disponible pour accumuler un patrimoine en vue de la retraite. Dans ce contexte, il est particulièrement important d’utiliser les bons véhicules d’épargne, et de le faire dans le bon ordre.
Commencez par une revue de vos comptes personnels. Tirez-vous pleinement parti de vos droits de cotisation à votre REER et à votre CELI ? Les placements qu’ils renferment correspondent-ils toujours à votre horizon de placement et à votre tolérance au risque ? La mi-année est un moment tout indiqué pour vérifier si votre répartition d’actifs demeure en phase avec votre plan financier et vos priorités.
Si vous êtes constitué en société, d’autres questions méritent également réflexion :
- Devrais-je me verser le bon montant personnellement ou laisser davantage de fonds dans ma société ?
- La combinaison actuelle de salaire et de dividendes demeure-t-elle la plus appropriée ?
- Est-ce que je profite pleinement des occasions de planification fiscale avant la fin de l’année ?
- Ma société détient-elle des liquidités excédentaires qui pourraient être mises davantage à profit ?
Il s’agit de questions importantes, et vous avez encore le temps d’agir au cours de la seconde moitié de l’année. Une discussion avec votre conseiller ou votre comptable peut vous aider à déterminer les prochaines étapes.
Votre société professionnelle est l’un de vos outils de planification financière les plus précieux. Découvrez Comment utiliser votre société professionnelle pour réduire l’impôt exigible.
3. Votre plan successoral évolue-t-il au même rythme que votre vie et votre pratique ?
La planification successorale est l’une des tâches que l’on remet le plus facilement à plus tard. Pourtant, elle est importante à toutes les étapes de la vie professionnelle, et pas seulement en fin de carrière. Il ne s’agit pas non plus d’un exercice ponctuel. À mesure que votre famille, votre patrimoine et votre pratique évoluent, il est important de revoir périodiquement votre testament, vos procurations, les désignations de bénéficiaires et vos plans de relève afin de vous assurer qu’ils reflètent toujours vos volontés et qu’ils protègent adéquatement vos proches et votre pratique.
Certains éléments de base s’appliquent à tous :
- Un testament valide et à jour.
- Des procurations pour les biens et pour les soins personnels.
- Des bénéficiaires désignés pour les comptes enregistrés et les contrats d’assurance.
Au-delà de ces éléments fondamentaux, les professionnels de la santé détiennent souvent un actif que bien des gens n’ont pas : leur pratique. Si vous êtes propriétaire d’un cabinet ou détenez des actions d’une société professionnelle, votre plan successoral devrait prévoir ce qu’il adviendra de cet actif, qu’il s’agisse d’une vente, du rachat de votre participation par un associé, d’un transfert à un partenaire ou d’une cessation planifiée des activités.
La mi-année constitue un bon moment pour porter un regard neuf sur votre plan successoral et vérifier qu’il demeure en phase avec votre réalité.
4. Votre endettement sert-il vos objectifs ?
Dans une carrière en santé, l’endettement tend à évoluer par étapes, et les stratégies pour le gérer changent généralement au fil du parcours.
En début de carrière, l’attention se porte souvent sur les dettes liées aux études professionnelles. À mi-année, il vaut la peine de se demander si votre stratégie de remboursement demeure adaptée à votre situation, compte tenu de l’évolution de vos revenus, et si les dettes portant les taux d’intérêt les plus élevés sont remboursées en priorité.
Plus tard dans votre parcours, l’endettement peut s’accroître plutôt que diminuer si vous envisagez d’acquérir une participation dans un cabinet, d’agrandir votre pratique ou d’investir dans de nouveaux équipements. La gestion de ces dettes devient alors plus complexe : il faut notamment déterminer quels emprunts donnent droit à une déduction des intérêts, si l’endettement devrait être contracté personnellement ou par l’intermédiaire de la société professionnelle, et comment concilier le remboursement de la dette avec l’épargne et les placements.
Quelle que soit l’étape, l’objectif demeure le même : gérer votre endettement de façon réfléchie et stratégique, plutôt que simplement en assurer le service. La mi-année est un bon moment pour vérifier que la structure de votre endettement correspond toujours à votre situation et à vos objectifs.
5. Votre revenu est-il suffisamment protégé si vous ne pouvez plus travailler ?
La capacité de gagner un revenu constitue souvent le plus important actif financier des médecins et des dentistes. Par conséquent, une maladie ou une blessure peut avoir des répercussions financières considérables. Selon votre mode de pratique, vous pourriez ne pas avoir accès à certains avantages que de nombreux salariés tiennent pour acquis, notamment :
- un régime d’assurance maladie et d’assurance dentaire offert par l’employeur ;
- des congés de maladie ou parentaux rémunérés ;
- une assurance invalidité.
La mi-année est un bon moment pour vérifier si votre filet de sécurité financière est toujours adapté à votre situation. Demandez-vous si vous disposez d’une couverture invalidité adéquate, d’un fonds d’urgence permettant de faire face à une interruption imprévue de vos revenus et, si vous êtes propriétaire d’un cabinet, d’un plan de contingence pour couvrir les dépenses courantes de votre pratique pendant votre convalescence.
Prendre le temps de revoir ces mesures de protection aujourd’hui peut vous procurer une plus grande tranquillité d’esprit financière si l’imprévu devait survenir demain.
Passer des questions à l’action
Vous n’avez pas à trouver toutes les réponses en une seule étape. En fait, une bonne part de l’exercice consiste simplement à se poser les bonnes questions et à faire émerger des sujets qui peuvent facilement passer au second plan au cours d’une année bien remplie. Certaines réponses s’imposeront peut-être d’elles-mêmes. D’autres, particulièrement celles qui touchent votre société professionnelle ou la structure de votre endettement, gagnent à être examinées avec un conseiller ou un comptable qui comprend les réalités financières propres aux professionnels de la santé.
Aborder votre bilan de mi-année comme vous le feriez pour toute bonne évaluation – avec honnêteté, à intervalles réguliers et en demeurant prêt à ajuster le tir à la lumière des constats – peut vous aider à tirer le meilleur parti des prochains mois.
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Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, ni explicitement ni implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.









