Aller au contenu principal
RBC
Des femmes s'unissent pour changer la perception qu'ont les gens d'un entrepreneuriat prospère.

Au Canada, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à démarrer des entreprises. Pourtant, nombre d’entre elles se heurtent encore à des obstacles pour obtenir les capitaux et le mentorat qui les aideront à faire croître leur entreprise. Malgré les efforts croissants pour soutenir les entreprises dirigées par des femmes, on peut en faire plus pour favoriser l’égalité, créer des occasions et reconnaître l’importante contribution des femmes à l’économie en général.

Nous avons demandé à des entrepreneures canadiennes prospères de nous relater leurs débuts et de nous dire ce que nous pouvons faire pour aider les femmes qui démarrent une entreprise à réussir.

Le Canada compte 1,4 million d’entrepreneures dont les entreprises génèrent annuellement des affaires de plus de 117 milliards de dollars. Près des deux tiers des entrepreneures réalisent un bénéfice en seulement deux ans si elles obtiennent le financement nécessaire1.

Bien que la proportion des entreprises dirigées par des femmes au Canada augmente, elle est bien en deçà de celle d’autres pays, dont le Mexique et le Japon2. De plus, des études démontrent que les entreprises dirigées par des femmes génèrent 58 % moins de revenus que celles qui appartiennent à des hommes3.Et seulement 27 % des entrepreneures peuvent compter sur l’aide d’un mentor4.

Bien que le gouvernement canadien et que des organisations canadiennes travaillent à établir l’égalité des sexes en affaires, selon Stephania Varalli, cochef de la direction de Femmes d’influence, il y a encore beaucoup à faire pour y parvenir. Mme Varalli fait référence, notamment, à des statistiques qui indiquent que les entrepreneures reçoivent seulement une maigre part des fonds de capital-risque5.

Et même si près de la moitié (47 %) des petites et moyennes entreprises au Canada comptent au moins une femme propriétaire, Mme Varalli dit que seulement 16 % de ces entreprises appartiennent exclusivement à des femmes6.

« Il est facile de dire aux entrepreneures que, pour obtenir du financement, elles doivent avoir un solide plan d’affaires et le présenter avec assurance aux investisseurs potentiels — elles le font déjà. Mais ce conseil s’applique aussi aux hommes. Il ne sert à rien de s’attarder aux facteurs que les femmes peuvent contrôler alors qu’il y en a tant d’autres sur lesquels elles ne peuvent rien. »

Faire tomber les préjugés liés au sexe

« Un entrepreneur prospère, dans l’imaginaire collectif, c’est un homme, ajoute Mme Varalli. Si nous ne faisons rien pour banaliser l’entrepreneuriat féminin en relatant leurs débuts et en célébrant leurs réalisations tout en reconnaissant qu’elles n’entretiennent pas toutes des objectifs d’affaires ambitieux ou illusoires, les femmes entrepreneures continueront d’être confrontées à des difficultés. »

Bien que les préjugés inconscients puissent être une cause sous-jacente de cette situation, on peut en dire autant des préjugés conscients. « Certains mythes persistent, par exemple quand on dit que les entrepreneures ont une aversion pour le risque, souligne Mme Varalli. Cela s’explique en partie par le manque de modèles qui démentent ces préjugés et qui pourraient montrer aux entrepreneures qu’il est possible de réussir. »

Pour changer les mentalités, Mme Varalli croit qu’il faut faire davantage de publicité aux femmes d’affaires ambitieuses et audacieuses. Les femmes doivent aussi rechercher cette forme d’attention.

« Imaginez à quel point notre idée des entrepreneurs changerait si nous parlions de femmes qui, grâce à l’entrepreneuriat, ont trouvé flexibilité, soutien et passion ? Il y a beaucoup à gagner (et rien à perdre) à soutenir les entrepreneures. »

Des femmes qui aident d’autres femmes

Les femmes s’aident l’une l’autre à démarrer et à faire croître leurs entreprises. Il existe de nombreuses organisations de femmes qui soutiennent d’autres femmes du mentorat jusqu’au financement.

SheEO, par exemple, est un organisme mondial sans but lucratif de Toronto qui offre du financement à des entrepreneures selon un modèle d’affaires comportant un élément de financement participatif. Sa fondatrice, Vicki Saunders, se décrit comme une « entrepreneure en série ». Son but : introduire de l’innovation dans le financement des entreprises en démarrage. « Selon moi, pour faire émerger une nouvelle réalité, il faut créer une nouvelle expérience », a dit Mme Saunders à RBC.

Bâti sur un modèle de « générosité radicale », SheEO recrute des groupes de 500 femmes qui versent chacune un don de 1 100 $ dans un fonds. Le fonds octroie des prêts sans intérêts à cinq entreprises fondées et dirigées par des femmes (un prélèvement de 100 $ sur chaque don assure le financement du programme). Les prêts, qui sont d’environ 100 000 $ (en monnaie locale), sont remboursés en 20 versements égaux sur une période de cinq ans. L’argent est ensuite réinvesti dans le fonds afin d’être prêté à de nouvelles entreprises.

Selon Mme Saunders, les femmes peuvent générer une forte rentabilité et excellent dans la contribution au mieux-être de la collectivité.

« Lorsque des femmes unissent leurs efforts, cela peut donner des résultats extraordinaires, particulièrement lorsqu’on ajoute à l’équation leur pouvoir d’achat », dit Mme Saunders.

Tanya van Biesen, directrice générale de Catalyst Canada, affirme que les entrepreneures en herbe doivent croiser plus de femmes influentes et à haute visibilité, à titre d’investisseuses et d’entrepreneures prospères.

« Tous, hommes et femmes participant à l’écosystème du capital-risque, doivent s’unir pour trouver ces femmes et favoriser leur réussite », dit-elle.

Donner aux jeunes femmes les moyens de réussir

À l’école, en particulier au niveau postsecondaire, il faut donner aux femmes les moyens de démarrer et de faire croître une entreprise, affirme Mme van Biesen. Des études indiquent que 60 % des diplômés universitaires sont des femmes, et que les femmes représentent le groupe démographique en plus forte croissance dans le secteur de l’entrepreneuriat7.

Présidente et chef de la direction de la Fondation canadienne des femmes, Paulette Senior cite une recherche qui indique que les filles sont autant prédisposées au leadership que les garçons : « Mais dès leur jeune âge, les filles font face à des obstacles qui leur enlèvent la capacité de se voir comme des leaders. Ces obstacles vont de la représentation négative dans les médias au manque de modèles diversifiés, en passant par les barrières auxquelles se heurte leur mère. »

Maya Roy, présidente de YWCA Canada, affirme que les principales barrières qui se dressent devant les femmes d’affaires sont d’ordre personnel et économique. Des cas de harcèlement et de violence ont fait fuir certaines femmes, comme en témoigne le mouvement #MoiAussi. L’écart salarial est aussi un problème bien réel : une femme gagne 87 cents pour chaque dollar gagné par un homme8.

« Les filles et les femmes ne se butent pas qu’à un plafond de verre, mais bien à une falaise de verre, dit Mme Roy. Nous savons que les filles et les femmes ont d’extraordinaires aptitudes et expériences de vie. Ce dont elles ont besoin, c’est d’accompagnement et de financement de démarrage pour transformer leur capital social en capital financier. Investir dans l’entrepreneuriat social chez les femmes et les filles, c’est investir pour le bien commun. »

En novembre 2018, les réalisations de 23 femmes ont été soulignées par les Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2018. Ces femmes exceptionnelles et leurs entreprises pionnières dans une variété de secteurs ont un objectif en commun : se distinguer par leur excellence.

Sources :

1. Rapport de RBC et de Femmes d’influence
2. Rapport de RBC : The State of Women in Canada’s Economy (en anglais seulement)
3. Étude de PayPal : Women’s Entrepreneurship Study (en anglais seulement)
4. Rapport d’Amex Canada et de Femmes d’influence, 2016
5. Article sur Fortune.com : Female Founders Got 2% of Venture Capital Dollars in 2017 (en anglais seulement)
6. Rapport de RBC et de Femmes d’influence
7. Étude de Statistique Canada :Les femmes et l’éducation
8. Étude de Statistique Canada : L’écart salarial entre les sexes et la Journée de l’équité salariale, 2018

Un autre article de la série « Femmes entrepreneures canadiennes » :

Jennifer Hamilton parle de la création d’un créneau commercial : Oxygen Yoga & Fitness #maréalisation

Lire le suivant

Saccade Analytics : 30 ans de recherche pour la création d’InSight, un appareil permettant de diagnostiquer plus de 200 troubles neurologiques #maréalisation

Lire le suivant

Les fondatrices de Routine expliquent comment la création de produits naturels propres a mené à la fondation d’une entreprise internationale prospère #maréalisation

Lire le suivant

Sommet canadien SheEO 2019 : À l’honneur, des agentes de changements positifs ouvrant la voie à un monde meilleur

Lire le suivant

Luann Baker-Johnson, fondatrice de Lumel Studios, parle de la création artistique dans le Grand Nord. #maréalisation

Lire le suivant

Le fondateur de LeDaveed, Andy Dale, mène son entreprise à sa façon #maréalisation

Lire le suivant

La cofondatrice de Walton Wood Farm donne des conseils éclairés aux jeunes entrepreneurs #maréalisation

Lire le suivant

Une innovation n’est efficace que si elle est adoptée : entrevue avec Janice Diner, fondatrice de Horizn #maréalisation

Lire le suivant

Joanna Griffiths, fondatrice de Knix, nous explique comment établir une entreprise au service d’une mission #maréalisation

Lire le suivant

Confiez-nous votre lessive : comment Vaundry emploie la technologie pour décharger ses clients d’une tâche fastidieuse #maréalisation

Lire le suivant

Dr. Marjorie Dixon parle des raisons pour lesquelles elle a fondé Anova Fertility & Reproductive Health #maréalisation

Lire le suivant

Toni Desrosiers parle des raisons pour lesquelles elle a fondé Abeego #maréalisation

Lire le suivant