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RBC
Canada fait face à une crise silencieuse.

Au cours de la prochaine décennie, la moitié des emplois seront touchés par la technologie et l’automatisation. Certains subiront une transformation. D’autres, appelés à disparaître, seront remplacés par des emplois qui n’existent pas encore.

Nous traversons une ère marquée par de profonds changements, alors que les récentes percées en matière d’intelligence artificielle et d’automatisation transforment les méthodes de travail, même dans les domaines où on ne s’y attendait pas comme le droit et le service à la clientèle.

Comment allons-nous préparer les jeunes Canadiens au marché du travail de l’avenir ?

Au cours de la dernière année, RBC a mené une importante étude sur le marché du travail canadien. Nous avons parcouru le pays pour discuter avec des étudiants, des travailleurs, des éducateurs et des employeurs de tous les secteurs. Nous nous sommes penchés sur l’évolution des perspectives d’emploi et de l’automatisation et avons analysé une quantité énorme de données pour comprendre les changements qui s’opèrent au pays et déterminer comment nous y préparer.

Nous avons découvert que les quatre millions de jeunes Canadiens qui entreront sur le marché du travail dans la prochaine décennie devront posséder des aptitudes de base qui leur permettront d’occuper différents emplois et rôles plutôt que de suivre un parcours professionnel unique. Ils auront besoin d’un ensemble d’aptitudes humaines comme l’esprit critique, la perspicacité sociale et la résolution de problèmes complexes pour demeurer concurrentiels et résilients sur le marché du travail.

Le Canada passe d’une économie fondée sur les emplois à une économie fondée sur les aptitudes. Or, il semble que les employeurs, les éducateurs et les décideurs n’y soient pas bien préparés.

Voici quatre points à retenir sur la révolution des aptitudes qui s’amorce et l’avenir du monde du travail.

Le rythme auquel les perturbations surviennent s’accélère

Il fut un temps où l’automatisation menaçait uniquement les tâches routinières et répétitives, comme celles d’ouvriers sur une chaîne de montage. Aujourd’hui, des algorithmes permettent aux avocats de monter leurs dossiers, remplacent les adjoints administratifs et traitent les appels au service à la clientèle de grandes sociétés. La technologie a déjà remplacé des emplois par le passé, mais il en va autrement de la situation actuelle.

Plus du quart subiront de profonds changements liés à l’automatisation au cours des dix prochaines années et que la moitié exigeront de nouvelles aptitudes, même si le titre de poste reste le même.

Ces emplois ne disparaîtront pas nécessairement pour autant. D’ici 2021, 2,4 millions d’emplois s’ajouteront à l’économie canadienne. La presque totalité d’entre eux, cependant, exigera une approche différente. L’économie sera fondée sur une main-d’œuvre mobile qui ne cesse jamais d’apprendre, de suivre des formations et de mettre à niveau ses aptitudes pour s’adapter aux exigences d’un monde en constante évolution.

Pour réussir dans le monde de demain, il faudra faire preuve de souplesse

Comme l’évolution est rapide, il est difficile de savoir à quoi ressembleront les emplois dans dix ans. Les exigences des postes doivent être envisagées autrement. L’acquisition d’aptitudes humaines – esprit critique, discernement, prise de décision, etc. – permettra aux jeunes de réorienter leur carrière et de changer de secteur, même si la description des fonctions change.

Après avoir analysé les données de centaines de professions diverses, nous avons constaté que de nombreux emplois, même de domaines différents, étaient reliés entre eux par un ensemble d’aptitudes de base. Nous avons classé les emplois en six groupes en fonction de la similitude des aptitudes qu’ils exigent. En mettant l’accent sur les aptitudes requises, il est étonnant de voir qu’on peut passer aisément d’un rôle donné à un autre qui n’a apparemment aucun lien avec le précédent. On peut se demander ce que les postes de musicien et de technicien en soins médicaux d’urgence ont en commun. Pourtant, ces deux emplois nécessitent un niveau élevé de concentration, un solide esprit d’analyse et un grand souci du détail. Une assistante dentaire souhaitant devenir graphiste n’a que quatre aptitudes à développer.

Bien sûr, on peut difficilement opérer une transition sans y investir temps et argent. Les éducateurs et les décideurs ont là une belle occasion de revoir leur stratégie de formation et de perfectionnement.

La littératie numérique est essentielle

La maîtrise des outils numériques sera essentielle pour occuper tous les nouveaux emplois. Cela ne veut pas dire qu’on doit tous concevoir des codes comme un programmeur de Silicon Valley. Il s’agit plutôt de comprendre la technologie et de savoir comment se servir des ordinateurs, des téléphones intelligents et de tout ce qui suivra. Sous peu, nous percevrons l’alphabétisme numérique de la même manière que l’alphabétisme traditionnel : ce sera un prérequis à presque tous les emplois.

Il faut nous préparer à l’avenir du monde du travail

Les perturbations du marché de l’emploi comptent actuellement parmi les enjeux les plus pressants auxquels le Canada fait face. L’économie ne saurait fonctionner sans employés qualifiés et possédant les aptitudes voulues. Si on peut amener les Canadiens, surtout les jeunes, à exploiter ces aptitudes de bases, notre économie sera prête pour cette transition des aptitudes.

Il faut que les écoles transmettent et valident les aptitudes, que les gouvernements élaborent des programmes de soutien à l’éducation permanente et que les entreprises embauchent des employés en fonction de leurs aptitudes de base, et non de leurs titres professionnels.

En développant des aptitudes qui leur permettront de passer aisément d’un emploi à l’autre, les jeunes Canadiens pourront tirer profit d’une nouvelle économie qui mise sur ce qui peut être accompli plutôt que sur les réalisations passées.

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À tous les jeunes : Apprenez à mieux vous préparer à l’évolution du monde du travail.