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RBC
S'il y a une chose sur laquelle les invités de l'événement La prochaine révolution verte organisé par RBC à Ottawa s'entendent, c'est que l'industrie agricole de l'Ontario peut être fière de ses réalisations au chapitre de la durabilité. Lisez la suite.

Les acteurs de l’industrie agricole de l’Ontario ont de quoi se réjouir en ce qui concerne la durabilité, comme l’a souligné Julia Buckingham des Producteurs laitiers du Canada lors de l’événement La prochaine révolution verte de RBC qui s’est tenu à Ottawa en avril 2023.

Les personnes suivantes se sont jointes à elle dans le cadre d’une table ronde :

Chacun d’eux a parlé de son expérience de travail dans la région d’Ottawa, où un peu plus de 230 000 acres de terres agricoles sont réparties entre plus de 900 fermes. Le secteur agroalimentaire local emploie environ 45 000 personnes et génère 223 millions de dollars de recettes monétaires agricoles (attribuables en majeure partie aux trois sous-secteurs suivants : céréales et oléagineux, produits laitiers et légumes de plein champ).

Du point de vue de l’agriculture durable, les statistiques montrent que 14,7 % des fermes de la région produisent de l’énergie renouvelable, notamment de l’énergie solaire, de la bioénergie et de l’énergie éolienne. Elles émettent également de moins en moins de gaz à effet de serre, une tendance qui se manifeste à l’échelle nationale, selon Mme Buckingham.

« Notre dernière évaluation du cycle de vie, datant de 2016, révèle qu’au Canada, la production laitière est responsable de moins de 1 % des émissions de gaz à effet de serre et que son empreinte représente moins de la moitié de la moyenne mondiale, affirme-t-elle. Nous avons de nombreuses raisons d’être fiers. »

M. Wallace, qui est du même avis, croit que les agriculteurs doivent trouver le moyen de relayer ces bonnes nouvelles dans les médias.

« Nous devons faire savoir au public exactement ce que nous faisons et à quel point nous sommes efficaces, déclare-t-il. Nous comptons chaque semence que nous mettons en terre. Nous comptons chaque livre d’engrais que nous épandons. Nous consignons sur papier tous les endroits où nous utilisons des insecticides et des herbicides. Nous devrions informer davantage [le public] de ce que nous faisons réellement et ainsi couper court aux suppositions. »

M. Hudson précise que la plupart des agriculteurs cherchent constamment des façons d’améliorer leur empreinte carbone tout en maintenant les rendements des cultures grâce à la technologie et à l’innovation. D’après lui, ils ont le désir inhérent de protéger leur famille et la collectivité dans son ensemble, ainsi que de les nourrir. Mais ça, personne ne le sait vraiment.

« Je pense que nous faisons du très bon travail et que nous pouvons nous [en] féliciter », dit-il.

Bien entendu, ces réussites ne signifient pas que les participants à la discussion estiment que leur contribution à l’agriculture durable est terminée.

« Nous nous débrouillons très bien, [mais] on peut faire encore mieux », avance Mme Scott, ajoutant qu’il faudrait prélever plus d’échantillons de sol afin d’aider les agriculteurs à déterminer les taux d’épandage d’engrais les plus économiques.

« Il y a un nombre effarant de cultivateurs qui ne font pas d’échantillonnage de sol, pas d’analyse de fumier, ce qui semble pourtant élémentaire, note-t-elle. Je suis certaine que vous êtes nombreux dans cette salle à en effectuer tous les trois ou quatre ans, comme vous êtes censés le faire. Et vous procédez sans doute par zones et en respectant les normes. Mais j’ai déjà eu affaire à des gens qui pratiquaient l’agriculture depuis 30 ans et n’avaient jamais fait d’analyse de sol. On ne peut pas bâtir sur ce que l’on ne connaît pas. »

La capacité de mesure est un autre aspect crucial où des améliorations sont nécessaires, d’après M. Hudson. Il indique qu’il manque de données pour éclairer les décisions politiques visant à aider les agriculteurs à atteindre la carboneutralité. Avec ces données, les agriculteurs seront à même de défendre ce qu’ils font, d’apporter des améliorations là où c’est possible et de montrer au monde tous les progrès qu’ils ont déjà réalisés. Ils pourraient aussi avoir leur mot à dire dans l’élaboration des politiques. « Nous nous faisons dire quoi faire de tous les côtés, allègue-t-il, mais je ne pense pas que nous ayons été reconnus pour ce que nous avons déjà accompli. »

M. Wallace abonde dans le même sens.

« Je m’inquiète du fait que ce soit les organismes gouvernementaux qui établissent les règles nous concernant, explique-t-il. Ils nous disent quoi faire, mais pas comment le faire. Comment voulez-vous que nous réglions ces problèmes sans qu’on nous donne les solutions ou les outils dont nous avons besoin pour y parvenir ? »

La vitesse à laquelle de nouvelles règles sont mises en œuvre est également préoccupante.

« Comme M. Hudson l’a dit, nous avons déjà parcouru beaucoup de chemin, et ce n’est pas une excuse ou une échappatoire. Nous avons fait un grand pas et il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas continuer. Je crois toutefois que nous sommes tellement focalisés sur la durabilité au sens de ne pas déverser de phosphore dans le lac Érié [et autres démarches similaires], que nous oublions la durabilité d’une exploitation agricole qui existe depuis huit générations. »

Mme Buckingham est d’accord et ajoute que le terme « durabilité » est utilisé à toutes les sauces en grande partie parce qu’il peut décrire tellement de choses. Elle suggère d’utiliser des mots comme continuité, efficience et résilience pour enrichir le dialogue à cet égard.

« Le fait d’intégrer les aspects économiques et sociaux au volet environnemental peut véritablement nous aider à poursuivre ces conversations, car nous aspirons tous à ce que nos exploitations agricoles durent. Nous voulons que notre industrie aille de l’avant. Nous désirons veiller à la bonne santé des nôtres et avoir un héritage à transmettre à la prochaine génération.

Pour revenir à ce qu’elle disait précédemment, elle mentionne que les agriculteurs ont de quoi se réjouir et qu’il faudrait leur donner le mérite qui leur revient.

« Les agriculteurs sont des gens extrêmement résilients. [Il suffit] de se rappeler les dernières années et les événements météorologiques auxquels [ils] ont dû faire face. [Ils ont compris] comment aller de l’avant. Il [est essentiel] de reconnaître [que l’agriculture durable] est quelque chose qui se fait déjà dans l’industrie et qui est intégré dans notre façon de penser. Ce n’est pas seulement une expression à la mode [pour les agriculteurs]. »

Cliquez ici pour consulter le récent rapport La prochaine révolution verte de RBC.

Vous pouvez également découvrir ce que les experts du secteur et les agriculteurs présents lors de nos autres événements avaient à dire à propos du rôle de la durabilité dans l’avenir de l’agriculture.

Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

Un autre article de la série « La prochaine révolution » :