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RBC
Jenna White, pâtissière autochtone du Nouveau-Brunswick et aveugle au sens de la loi, a lancé sa propre entreprise d'aliments sans noix avec l'aide des ateliers pour entrepreneures autochtones de Femmes d'affaires Nouveau-Brunswick.

« Rien dans la vie n’est garanti. Tout peut changer en un instant. Alors, pourquoi ne pas essayer quelque chose qui me faisait envie depuis longtemps ? » C’était l’état d’esprit de l’entrepreneure autochtone Jenna White quand elle a mis sur pied son entreprise, Jenna’s Nut-Free Dessertery. Elle savait d’expérience que la vie peut changer du jour au lendemain.

Il y a cinq ans, elle a soudainement développé une grave allergie aux noix qui a changé les habitudes alimentaires de sa famille. Cinq mois plus tard, Mme White est devenue aveugle au sens de la loi, rendant la vie avec une allergie aux noix encore plus difficile. Une fois cette nouvelle réalité intégrée, elle a décidé d’apporter certains changements à sa vie.

Jenna White passe à l’acte

« J’étais mère au foyer depuis la naissance de mes enfants. Or, j’ai toujours voulu exploiter une pâtisserie ou un restaurant parce que j’aime cuisiner et que j’aime nourrir les gens », dit-elle. Comme la loi du Nouveau-Brunswick le lui permettait, Mme White a commencé à cuisiner chez elle des aliments à vendre aux marchés fermiers afin d’évaluer leur potentiel commercial.

Étant la seule à vendre des aliments sans noix, les affaires prospéraient lorsque la pandémie a entraîné la fermeture des marchés. Mme White pouvait trouver un espace commercial pour poursuivre ses activités ou attendre la fin de la pandémie et la réouverture des marchés fermiers.

Une seule cuisinière suffit

Avec l’aide de Femmes en affaires Nouveau-Brunswick, Mme White a rédigé de nouveau un plan d’affaires et obtenu le financement nécessaire pour transformer ses recettes en mélanges à pâtisserie pouvant être vendus. Puisqu’elle avait maintenant un produit viable et un plan d’affaires, Planet Hatch, un incubateur local, lui a offert les fonds permettant de louer un espace commercial où créer ses mélanges et moudre elle-même la farine. Elle a ensuite ajouté un restaurant et une pâtisserie sur place à son exploitation.

Ses mélanges sont maintenant vendus dans quatre magasins et ajoutés à plusieurs boîtes sur abonnement. Bannock, son mélange le plus vendu, est offert en deux formats : un à cuire en cuisine, et un qui peut être préparé dans un sac et cuit sur un bâton au-dessus d’un feu. Mme White aime faire connaître sa culture par la nourriture et espère être une source d’inspiration. « En faisant le métier auquel j’aspirais lorsque j’étais enfant, j’espère pouvoir inspirer la prochaine génération à poursuivre ses rêves », dit-elle.

Conseils d’une pâtissière aveugle pour se hisser au sommet

Voici les conseils de Mme White pour les entrepreneurs en herbe :

  • Mettez le potentiel commercial de votre produit à l’essai. Vous démontrerez ainsi le caractère sérieux de votre démarche aux autres parties prenantes et vous saurez vous-même que ce que vous faites en vaut la peine.
  • Vous devrez surmonter de nombreux obstacles et peu de choses se dérouleront comme prévu.
  • Contournez les obstacles ou évitez-les, mais trouvez une façon de les franchir.

« L’effort en vaut vraiment la peine, vous ne le regretterez pas, affirme-t-elle. Si vous n’allez pas de l’avant, vous vous demanderez toujours où cela aurait pu vous mener. »

Les résultats sont à la hauteur de ses attentes. « J’adore travailler à mon compte et pouvoir exprimer toute ma passion… Ce que je préfère, en tant qu’entrepreneure handicapée, c’est la possibilité de faire quelque chose de bien de ma vie. » Elle sait qu’en tant que personne non voyante, elle ne trouverait pas d’emploi dans un restaurant. Elle peut toutefois aménager sa cuisine de manière à pouvoir réaliser son rêve. Ce fut un grand changement, mais elle n’était pas seule.

L’exploitation en ligne et dans la collectivité

« L’initiative Moving Women Online de Femmes en affaires Nouveau-Brunswick m’a donné les outils et la confiance nécessaires pour m’attaquer au commerce électronique et me préparer à prendre de l’expansion », dit-elle. Les ateliers pour entrepreneures autochtones organisés par Femmes d’affaires Nouveau-Brunswick avec l’appui de RBC ont permis à Mme White de rencontrer d’autres femmes d’affaires de la région et Natasha Martin-Mitchell, l’agente de développement responsable des femmes entrepreneures autochtones de l’organisme.

« J’aime ce que je fais. J’aime rencontrer les femmes. J’aime les aider, les mener plus loin et les hisser au sommet », dit Mme Martin-Mitchell, qui aide les femmes à réseauter au moyen d’une plateforme en ligne qui permet aux artisans et aux propriétaires d’entreprise d’étendre leurs activités au-delà de leur collectivité locale. Aujourd’hui, 40 femmes participent à cette initiative.

Apprendre ensemble rend la vie plus douce

En plus de la plateforme et de nombreuses autres initiatives, Mme Martin-Mitchell organise des ateliers où des entrepreneures autochtones prospères parlent de leurs parcours et encouragent les participantes à poursuivre le leur. Alors que la pandémie s’estompe, elle met sur pied dans l’ensemble de la province des boutiques éphémères qui sont fréquentées par des centaines de personnes. Elle compte aussi organiser une conférence.

En renforçant les compétences et la collectivité, Mme Martin-Mitchell fait progresser les choses dans la vie des entrepreneures autochtones du Nouveau-Brunswick. Pour les propriétaires d’entreprise comme Jenna White, la réussite en affaires et la participation à une communauté d’entrepreneures autochtones sont de douces récompenses. Les deux femmes savent que la vie peut changer du jour au lendemain. Elles ont donc trouvé leur propre façon de réussir et d’aider les autres, même en période d’incertitude.