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RBC
Même s'ils ont plus de temps pour garnir leur bas de laine, les membres de la génération X auront plus de mal que leurs prédécesseurs à le faire.

Pour les Canadiens de la génération X, la retraite peut sembler bien lointaine.

Cette génération regroupe les gens nés après le baby-boom de la Deuxième Guerre mondiale qui ont aujourd’hui entre 36 et 50 ans.Au sommet de leur vie active, ils ont souvent une hypothèque et des enfants sous leur responsabilité. Certains ont encore un prêt étudiant à rembourser.

La retraite n’est pas encore une priorité pour eux, comparativement aux baby-boomers qui sont actuellement dans la cinquantaine ou la soixantaine.Mais, selon Richa Hingorani, première directrice, Planification financière à RBC, ils devraient y voir. Ils sont encore loin de la retraite, mais le chemin pour y arriver sera plus cahoteux que celui des baby-boomers.

« La génération X, moins nombreuse que la précédente, a reçu moins d’attention, mais a une meilleure espérance de vie, ce qui aura une incidence sur la santé et le revenu de retraite, » souligne Mme Hingorani.

C’est bien connu, les Canadiens n’épargnent pas assez pour la retraite. Le 26e sondage annuel de RBC sur les REER, réalisé auprès de 2 217 Canadiens de plus de 18 ans, a révélé que 58 % des répondants craignent par-dessus tout de manquer d’argent s’ils vivent jusqu’à 100 ans. Par contre, près du tiers des répondants n’a pas encore commencé à mettre de l’argent de côté pour la retraite.

La récession de 2008-2009 est l’une des raisons pour lesquelles les membres de la génération X ont de la difficulté à se préparer une retraite à l’abri des soucis, explique Mme Hingorani. La volatilité des marchés a touché les deux générations et s’est répercutée sur l’épargne accumulée. La génération X a dû cependant composer avec un autre facteur. « Comme leur revenu était à son plus haut niveau à ce moment-là, la récession a eu une incidence négative sur les échelles salariales, diminuant leur capacité d’épargner en vue de leurs objectifs, dit-elle. Même les augmentations de salaire ont ralenti et ont mis du temps à revenir à la normale. Le plan d’épargne de la génération X a été perturbé. »

Le marché immobilier a aussi eu des répercussions sur la génération X, ajoute Mme Hingorani. « Ils ont acheté leur maison en pleine bulle immobilière, ce qui a eu une incidence sur le montant de leur hypothèque, mentionne-t-elle. Leur période d’amortissement et leur endettement hypothécaire sont supérieurs à ceux des baby-boomers. La génération X est donc plus susceptible d’être encore endettée après la retraite si elle ne fait pas attention. »

Robin Taub, consultante en littératie financière et auteure, de Toronto, convient que le chemin vers la retraite de la génération X sera plus cahoteux que celui des baby-boomers. Les régimes de retraite constituent l’un des plus gros problèmes, selon elle. « Bien des boomers travaillent dans des entreprises offrant un régime à prestations déterminées, par rapport au régime à cotisations déterminées dont les employés de la génération X doivent se contenter, lorsqu’ils ont la chance d’en avoir un », explique Mme Taub.

Le revenu versé par un régime à prestations déterminées est fixé à l’avance et géré par l’entreprise. Dans le cas d’un régime à cotisations déterminées, le montant que vous toucherez n’est pas fixé à l’avance. C’est l’employé qui décide de la façon dont les fonds seront investis ; par conséquent, le montant qu’il touchera variera en fonction du rendement de ses placements.

« C’est à vous de vous constituer un bas de laine, que ce soit un REER (régime enregistré d’épargne retraite), un CELI (compte d’épargne libre d’impôt) ou un compte non enregistré, précise Mme Taub. Vous recevrez des prestations du Régime de pensions du Canada (RPC) ou du Régime de rentes du Québec (RRQ) et de la Sécurité de la vieillesse, mais selon votre mode de vie, vous aurez besoin de vos propres économies. Ça fait vraiment toute une différence. »

Accumuler de l’argent peut être difficile pour les membres de la génération X, car ils ont tendance à ne pas épargner suffisamment, ajoute Mme Taub. « Si vous comptez sur la valeur de votre maison, surtout si vous vivez à Toronto ou Vancouver, vous devrez au moment de la retraite trouver un maison plus petite et moins chère, ce qui n’est pas toujours facile. Vous pourriez avoir à déménager dans une petite ville ou dans une maison moins spacieuse que celle où vous habitiez auparavant. C’est une stratégie qui bien souvent ne rapporte pas beaucoup.»

Avec l’avènement de la génération X, le comportement des consommateurs a changé, souligne Mme Hingorani. « Cette génération a transformé notre perception de l’endettement et notre façon d’utiliser les cartes de crédit. L’idée d’avoir facilement accès à de l’argent grâce à une carte en plastique a emballé cette génération qui s’est engagée dans un cycle d’endettement où le montant des hypothèques et du solde des cartes de crédit a rapidement grimpé. »

De plus, cette génération sandwich s’est retrouvée coincée entre les soins à apporter à des parents vieillissants dont l’espérance de vie est plus longue et le désir d’aider leurs enfants qui sont à l’université.

Si cette situation devient étouffante, dit Mme Taub, n’hésitez pas à en discuter avec vos proches, y compris votre conjoint, vos enfants et vos parents. Même si vous tenez à aider vos proches, vous ne devez pas perdre votre épargne de vue en cours de route, précise-t-elle.

« Parlez avec vos proches de ce que vous avez les moyens de faire ou de ne pas faire pour eux, suggère-t-elle. Les jeunes doivent parfois contribuer au paiement de leurs études en travaillant, en obtenant une bourse ou un prêt étudiant. Tous ces facteurs réunis compliquent la tâche de la génération X lorsqu’il s’agit de mettre de l’argent de côté pour la retraite. »

Cependant, tout n’est pas noir, souligne Mme Hingorani. La génération X n’est pas prête pour la retraite, mais la bonne nouvelle c’est qu’elle a plus de temps que les baby-boomers pour se préparer.

Pour prioriser la planification de la retraite, il faut avoir un plan écrit, affirme-t-elle. « Il est important de le rédiger pour pouvoir le montrer à votre conjoint ou à d’autres personnes. Il sera plus facile ainsi de vous responsabiliser et de rester sur la bonne voie. »

Commencez à réfléchir à la retraite telle que vous la souhaitez, puis à ce que vous pouvez faire maintenant pour réaliser cet objectif. Dressez ensuite un budget à partir de vos dépenses actuelles.

« Tant que vous n’avez pas une idée précise de vos revenus et dépenses, vous ne pouvez pas épargner de façon efficace, insiste Mme Hingorani. En faisant une liste de vos dépenses, vous verrez celles que vous pouvez éviter. Et utiliser cet argent pour votre retraite. »

Mme Hingorani souligne que si vous n’avez ni le temps ni l’expertise pour planifier votre retraite, vous pouvez obtenir les conseils d’un expert. « Des professionnels reconnus vous aideront à planifier votre retraite en parlant d’abord avec vous de vos objectifs de vie et de vos priorités, puis des aspects financiers. Avec l’aide d’un planificateur, vous pourrez élaborer un plan et, surtout, décider des mesures à prendre, qu’il s’agisse d’épargner pour la retraite ou de rembourser vos dettes. »

Cet article a été publié initialement dans le Globe & Mail, en février 2016.