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RBC
YOUCAN Youth Services est un organisme sans but lucratif qui soutient les jeunes qui ne sont ni au travail, ni aux études, ni en formation. Son programme, Verto Project, aide les jeunes à risque à reprendre les études ou à réintégrer le marché du travail.

Bien qu’elle n’ait pas affecté ce seul groupe démographique, la pandémie a durement frappé les jeunes, et ceux qui ne sont pas au travail, aux études ou en formation peuvent être submergés par des sentiments d’impuissance et de vacuité. À moins de pouvoir compter sur des systèmes de soutien qui peuvent les guider, ils pourraient souffrir de problèmes de santé mentale et de comportements destructeurs. Si nos jeunes se sentent épaulés par les bonnes personnes et les bons programmes, toutefois, l’autonomie et la réussite sont alors à leur portée.

« Maintenant, plus que jamais, nos jeunes ont besoin du soutien de leur famille, de leurs proches et de leur collectivité pour surmonter les problèmes de santé mentale qui feront inévitablement leur apparition après la pandémie, déclare Jeff Boyd, président régional, Alberta et territoires, RBC. Les jeunes représentent un élément crucial de notre avenir collectif. Il est essentiel pour leur réussite de les aider à développer leur résilience. »

RBC a eu récemment l’occasion de discuter avec Jamie Stewart, gestionnaire de Verto Project, un programme de l’organisme YOUCAN Youth Services à Edmonton. Nous voulions comprendre comment ce programme d’apprentissage pré-emploi fonctionne, quelles en sont les retombées positives pour les jeunes d’Edmonton, et comment il favorise la résilience chez les jeunes en période difficile.

Q. : Qu’est-ce que Verto Project ?

Jamie Stewart : C’est un programme de vingt semaines. Les neuf premières semaines sont consacrées au développement personnel et professionnel, à une formation technologique, à la résolution de conflit, à une formation en santé et mieux-être, au bénévolat, aux périodes de transition et au développement du leadership. Les jeunes vivent ensuite une expérience d’emploi rémunéré pendant douze semaines. Ce sont nos coordonnateurs à l’emploi qui ont la tâche de jumeler les jeunes à des employeurs et à les préparer à réussir sur le marché du travail.

Q. : Comment et pourquoi Verto Project a-t-il été conçu ?

Jamie Stewart : En tant qu’organisme au service des jeunes, il est tentant de penser que vous pouvez aider tous les jeunes, mais la réalité est toute autre. À YOUCAN, nous avons décidé de nous concentrer sur nos forces. Prenant en compte les différents types de jeunes qui venaient nous voir, nous avons analysé les obstacles qui se dressaient devant eux et déterminé qui, parmi ces jeunes, connaissaient le succès. Ainsi, le Verto Project vise les jeunes qui sont « prêts, déterminés et capables » d’être au poste chaque jour et d’effectuer un changement.

Q. : Comment s’effectue la sélection des jeunes ?

Jamie Stewart : Aucun travailleur social auprès des jeunes ne veut mettre un jeune en situation d’échec. De très nombreux jeunes ont connu des difficultés, et vous ne voulez pas empirer la situation en excluant certains jeunes.

Verto demandant un grand engagement, notre processus d’admission est intensif. C’est un programme contingenté : nous ne retenons que dix parmi la centaine de 100 jeunes qui font une demande. Nous procédons à cette sélection lors de nos journées d’admission. Il s’agit d’un genre d’entrevue de groupe où nous expliquons ce que nous enseignons et lançons quelques discussions pour évaluer le comportement des demandeurs dans une dynamique de groupe. Nous faisons ensuite des entrevues individuelles pour nous renseigner sur les situations actuelles. Nous essayons de comprendre l’état de santé mentale du jeune, les obstacles qui l’empêchent d’obtenir ou de conserver un emploi, ce qu’il attend du programme et ses expériences antérieures. Nous devons ensuite, de façon professionnelle et objective, choisir les candidats retenus. C’est la partie la plus difficile du processus, mais notre but ultime est d’éviter de mettre un jeune en situation d’échec.

Q. : Les jeunes qui ne sont pas retenus ont-ils la possibilité de se présenter de nouveau ou peuvent-ils compter sur d’autres ressources ?

Jamie Stewart : Lorsqu’on travaille avec des jeunes, on ne se demande pas « si » Verto leur convient, mais plutôt « quand » ce sera le cas. Par exemple, s’ils doivent travailler certains aspects en particulier, on les invite à refaire une demande d’admission dans neuf semaines. Certains de nos jeunes ont essayé deux ou trois fois avant d’être admis et de vivre à fond le programme. Il arrive que nous dirigions certains d’entre eux vers d’autres ressources à Edmonton qui pourront leur offrir le soutien dont ils ont besoin.

Q. : Qu’est-ce que le succès pour vous ?

Jamie Stewart : C’est différent d’un jeune à l’autre. Certains sont excellents dans la rédaction d’un C.V. et d’une lettre de présentation, mais perdent leurs moyens en entrevue ou en résolution de conflit. C’est du cas par cas. Si un jeune réussit le programme de neuf semaines et se rend au bout de son emploi de douze semaines, c’est excellent. S’il devient autonome sur le plan économique – s’il peut prendre soin de lui-même et de sa famille ou retourner aux études – c’est ça, la réussite.

Q. : Quels genres de résultats avez-vous constatés ?

Jamie Stewart : Parmi les 50 jeunes qui ont participé au programme depuis juillet dernier, 95 % ont terminé le programme de neuf semaines et 90 % ont terminé le programme de douze semaines avec une perspective d’emploi ou d’études.

Q. : Comment les jeunes et l’équipe réagissent-ils à ce succès ?

Jamie Stewart : Kyle Dube, notre directeur général, a installé une cloche de célébration au mur… un de ces triangles qu’on voyait dans les anciennes écoles. On l’agite pour signaler le succès de nos jeunes et on peut lire sur l’affiche : « Quand cette cloche se fait entendre, un jeune a obtenu un emploi, est retourné aux études ou a atteint un point marquant de sa vie. »

Quand la cloche sonne, tout le monde sort des salles de classe et des bureaux pour célébrer avec le jeune qui est visé. Voir le sourire illuminer son visage, c’est vraiment spécial. Nous publions ces moments sur les médias sociaux pour illustrer les réussites.

Q. : De toute évidence, la pandémie a entraîné d’importantes interruptions dans plusieurs services. Comment Verto Project s’est-il adapté ?

Jamie Stewart : Nous n’avons jamais envisagé de fermer nos portes, mais en mars 2020, personne ne savait ce qu’était ce virus. Nous avons alors pris la décision de transférer toutes nos activités en ligne pour protéger nos jeunes et nos employés. Nous avons remis un iPad à chaque jeune participant au programme et lui avons installé Zoom et Skype. Nos animateurs ont rapidement créé des cours en ligne, et les employés et les jeunes ont été formidables.

En juillet, nous avons ramené tout le monde sur place. Nous avons embauché un jeune finissant du programme en ligne à titre de spécialiste en sécurité contre la COVID. Nous avons espacé les tables et les ordinateurs et installé des barrières en plastique. Peu d’organismes ont pu aider les jeunes en face à face. Nous sommes fiers d’y être arrivés en toute sécurité.

Q. : Comment la pandémie a-t-elle touché les jeunes que vous côtoyez ?

Jamie Stewart : La dernière année a été l’une des plus pénibles pour beaucoup de gens. Chaque jeune que nous recevons maintenant, ou presque, dit souffrir de dépression et d’anxiété. Les troubles mentaux sont devenus omniprésents. Nos conseillers internes ont été d’une aide précieuse pour nos jeunes. J’estime qu’ils sont l’un des principaux éléments de la réussite de ces derniers au cours de la dernière année.

Q. : À quel point est-ce difficile pour un jeune de reprendre le fil de sa vie sans cette aide ? Quel rôle joue la résilience dans tout ça ?

Jamie Stewart : La vie est dure et si personne n’est là pour vous appuyer, ça peut devenir très difficile. Chez certains jeunes, la résilience est naturelle. D’autres ont besoin d’aide pour la développer.

Dans certains cas, la résilience résulte d’expériences traumatisantes. Parfois, c’est des moments les plus difficiles que l’on tire les plus grandes leçons. Plusieurs de nos jeunes sont au poste chaque jour et se mettent au travail à cause de ce qu’ils ont vécu. D’autres jeunes n’ont pas eu à vivre ce genre d’expérience pour posséder une telle résilience. La résilience est intangible, mais on peut la stimuler en offrant un soutien constant et en donnant l’exemple. Par exemple, quand nos employés se présentent au travail chaque jour en pleine pandémie, ça alimente la résilience des jeunes.

Je crois aussi que la résilience se bâtit petit à petit. Si je vois un jeune désemparé par le programme, je lui dis, c’est bon, reviens demain.

À quel point êtes-vous résilient ? Répondez au questionnaire sur la résilience pour voir à quel point vous êtes résilient aujourd’hui et pour découvrir les stratégies que vous pouvez adopter pour améliorer votre résilience tout au long de votre vie.

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