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Les 14 derniers mois ont été durs pour les jeunes Canadiens. Plusieurs s'inquiètent des effets négatifs de la pandémie sur leur santé mentale, surtout celle des jeunes en milieu rural, qui font face à des problèmes d'accès, de stigmatisation et d'isolement.

Le comté de Simcoe, en Ontario, comprend à la fois des centres urbains et des banlieues. Beaucoup de ses habitants vivent par ailleurs en milieu rural. Les jeunes (et leur famille) subissent démesurément les contrecoups de la pandémie et peinent à accéder à des services en santé mentale.

New Path, organisme voué à la santé mentale des enfants, offre gratuitement des services en santé mentale aux enfants et aux jeunes de 0 à 18 ans, ainsi qu’à leur famille. Parmi les services offerts par l’organisme, mentionnons des séances de consultation en groupe ou en famille, des cliniques sans rendez-vous, des services de soutien téléphonique et du soutien à domicile. Le mandat de New Path consiste à coordonner les services en santé mentale pour les jeunes dans le comté de Simcoe, y compris dans les villes de Bradford, d’Alliston, de Collingwood, de Barrie et d’Orillia.

RBC Fondation aide New Path dans ses efforts pour rejoindre les jeunes. « Seulement un jeune sur cinq a accès au soutien dont il a besoin pour assurer sa santé mentale, et le défi est encore plus grand dans les zones rurales, explique Marjolaine Hudon, présidente régionale à RBC, qui, en tant que membre du conseil d’administration de la Fondation du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO), connaît très bien les problèmes de santé mentale auxquels se heurtent les jeunes de nos jours. Ce programme vient en aide aux jeunes des collectivités rurales aux prises avec des problèmes de santé mentale, en les appuyant dans leur recherche de ressources et de soins appropriés. C’est notre façon d’aider les jeunes à préparer leur avenir. »

RBC s’est récemment entretenue avec Elizabeth McKeeman, chef de la direction de New Path, sur les besoins des jeunes et de leur famille en cette période particulière, le rôle de la résilience dans leur capacité à s’en sortir et les défis spéciaux qu’ils doivent surmonter en milieu rural.

Q. : Le comté de Simcoe est composé à la fois de zones urbaines et de zones rurales. Comment les jeunes de ces régions ont-ils surmonté les défis de la pandémie ?

Elizabeth McKeeman: En milieu rural, la pauvreté entre en ligne de compte – ce ne sont pas tous les enfants qui ont des téléphones ou des forfaits Internet qui leur permettent de suivre leurs cours en ligne. Certaines commissions scolaires prêtent des tablettes ou des ordinateurs portables aux élèves, mais il n’y en a pas assez pour tous. Et sans accès Internet adéquat, difficile d’y arriver.

L’isolement engendré par la pandémie pèse lourd sur tous les jeunes, mais encore plus sur ceux qui vivent déjà dans une collectivité isolée ; impossible pour eux de prendre l’autobus ou le métro afin de se changer les idées.

Les jeunes traversent une période difficile : ils souffrent de dépression, ont des pensées suicidaires, se mutilent, sont en colère et se sentent désespérés. Ils doivent composer avec ces troubles, à l’extérieur du cadre de l’école. Leur trajet d’autobus de 40 minutes vers l’école était pour eux une bouée de sauvetage – maintenant, ils doivent rester à la maison, parfois sans accès à Internet. Ils ne peuvent ni pratiquer de sports, ni travailler, ni voir leur groupe d’amis. Tout ce qui donnait un sens à leur vie leur a été enlevé.

Q. : En temps normal, comment New Path rejoint-elle les jeunes dans le comté de Simcoe ?

Elizabeth McKeeman : Nous entretenons des liens étroits avec les écoles du comté. Les membres de notre personnel se déplacent dans les écoles pour la prestation de bon nombre de nos programmes. Cette approche suscite un vif intérêt. Plutôt que d’attendre et d’espérer que les jeunes se présentent à leur rendez-vous dans nos bureaux, nous allons à leur rencontre. Assurer une présence dans les écoles est très important pour nous, car les jeunes ont la possibilité de demander à leur conseiller d’orientation de rencontrer une ressource de New Path – ils ont leur mot à dire. Nous avons aussi des cliniques sans rendez-vous, où les familles et les jeunes qui ont besoin de soutien peuvent se présenter pour des séances ponctuelles. Si le thérapeute pressent des besoins difficiles à satisfaire au cours d’une seule séance, il peut assurer un soutien continu.

Q. : En quoi vos services ont-ils changé depuis le début de la pandémie ?

Elizabeth McKeeman : Nous sommes rapidement passés à un modèle virtuel de prestation de services pour la plupart de nos clients. C’est idéal pour nous, mais ce ne l’est pas pour certaines personnes qui ressentent le besoin de nous rencontrer en personne. Nous offrons donc du soutien en personne au besoin. Aussi, nos cliniques sans rendez-vous ont pris la forme de services de soutien téléphonique.

Q. : Vos services virtuels ont-ils été bien reçus ?

Elizabeth McKeeman : De façon générale, oui ! Notre service par téléphone nous permet de joindre encore plus de gens. Avant la pandémie, nous avions des cliniques sans rendez-vous. Nos conseillers devaient, par exemple, être à Bradford les lundis, et à Alliston les mardis. Maintenant que nous offrons un service téléphonique, les gens peuvent réserver un rendez-vous avec le conseiller de leur choix, au moment qui leur convient. L’accès au soutien est ainsi plus facile et plus rapide.

Évidemment, il arrive des moments où nous aimerions voir la famille au complet rassemblée et percevoir les signaux non verbaux et le langage corporel des gens. Parfois, le meilleur remède est une présence physique.

Q. : Que faites-vous pour répondre aux besoins de ces jeunes ?

Elizabeth McKeeman : Dans certaines régions, la province a mis sur pied des carrefours bien-être pour les jeunes. Notre carrefour local a multiplié les efforts de communication auprès des jeunes. Nous essayons d’être là où ils se trouvent, car certains d’entre eux refuseront de se rendre dans un carrefour bien-être ne sachant pas qui s’y trouvera. Les nouvelles se propagent vite dans les petites collectivités, et les jeunes ne veulent pas que des gens sachent qu’ils ont vu un conseiller ou une infirmière.

Q. : Parlez-nous de certains des défis auxquels vous avez été confrontés à Midland.

Elizabeth McKeeman : Midland est une communauté très particulière. Pas seulement parce qu’elle se trouve en milieu rural, mais parce qu’on y retrouve des taux de pauvreté et de chômage plus élevés qu’ailleurs. Il y a une population francophone et autochtone, ainsi que plusieurs familles multigénérationnelles. Les besoins y sont vastes et variés. Les résidents croient ne pas avoir eu leur juste part de services.

Les problèmes les plus fréquents chez les jeunes, comme dans le reste du pays, sont l’anxiété, la dépression et le manque de communication entre les membres de la famille. Dans certains cas, les parents sont absents. Ce sont donc les grands-parents qui doivent élever les enfants et leur offrir du soutien à la maison.

Nous avons mis en place des services spécifiquement pour cette collectivité de Midland, notamment une clinique sans rendez-vous. Nous avons aussi créé le Brief in Three Program, initiative conçue pour les enfants, les jeunes et les familles qui requièrent davantage de soutien que ce qui est offert par les cliniques sans rendez-vous et les services téléphoniques. Les conseillers tentent, en trois séances, de mettre en place des stratégies pour les aider à mieux gérer leurs problèmes.

Q. : Quelle importance la résilience a-t-elle dans la capacité à affronter l’adversité ?

Elizabeth McKeeman : Énorme ! D’ailleurs, on dit que les enfants sont résilients. La résilience, toutefois, passe aussi par l’accès à un réseau de soutien, comme des mentors et des enseignants. La COVID-19 a privé les jeunes d’une partie de ce soutien. Les jeunes sont résilients, certes, mais 14 mois, c’est long sans les ressources adéquates.

La résilience est une capacité que nous avons tous, mais il faut la cultiver, l’encourager et l’enseigner pour qu’elle gagne en force. Nous devons redonner confiance et espoir aux jeunes. Ils ont besoin qu’une personne bienveillante les accompagne et les aide à trouver des solutions à leurs problèmes et à faire face aux aléas de la vie.

Q. : Les préjugés entourant la santé mentale ont-ils diminué durant la pandémie ?

Elizabeth McKeeman : Les préjugés liés à la santé mentale perdurent, en particulier dans les collectivités rurales. C’est pourquoi nous tentons de créer des expériences positives pour les jeunes et les familles qui viennent nous voir. Nous espérons ainsi qu’ils reviendront. Nous rappelons sans cesse aux gens qu’il n’y a rien de mal à demander de l’aide en santé mentale. Le soutien est accessible et gratuit. Cette année, la courbe de la demande de services a été exponentielle ; de toute évidence, les gens demandent de l’aide.

RBC Fondation aide New Path dans ses efforts pour rejoindre les jeunes. « Quand RBC Fondation a entendu parler de New Path et du travail que faisait l’organisme pour rejoindre virtuellement les jeunes en milieu rural, nous savions que nous devions prêter main-forte, explique Marjolaine Hudon, présidente régionale, RBC, région Est et Nord de l’Ontario. Nous aimons le fait que les jeunes et leur famille puissent obtenir du soutien en santé mentale dans leur collectivité. »

Il est plus important que jamais que les jeunes disposent d’un réseau de soutien en santé mentale. New Path veille à ce que les jeunes de toutes les collectivités, petites et grandes, aient accès au soutien dont ils ont besoin.

À quel point êtes-vous résilient ?

En plus de vous aider à surmonter des situations difficiles, la résilience peut vous mener à grandir et à améliorer votre vie de bien des façons. Répondez au Questionnaire sur la résilience pour voir à quel point vous êtes résilient aujourd’hui, et découvrir les stratégies que vous pouvez adopter pour améliorer votre résilience tout au long de votre vie.

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