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RBC
Découvrez Nazia Shahrin, cadre de RBC qui figure au palmarès des 100 femmes les plus influentes de WXN. Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur les défis qu'elle a surmontés pour atteindre le sommet ainsi que sur ses espoirs et ses projets pour l'avenir.

Ayant grandi dans une famille sud-asiatique traditionnelle, Nazia n’a pas toujours obtenu le soutien de ses proches pour réaliser ses rêves de carrière. Sa famille jugeait important de suivre des études supérieures, mais elle considérait que le vrai bonheur pour une femme consistait à se marier et à avoir des enfants. Malgré tout, Nazia ne voulait pas se limiter. Aujourd’hui devenue mère, professeure à l’Université de Toronto et dirigeante à RBC, Nazia dit que son parcours est loin d’être terminé.

« Quand j’étais jeune, on me demandait ce que je voulais devenir, et je répondais : Je veux changer le monde. En 2020, c’est toujours mon objectif. » À titre de directrice générale principale, Stratégie réglementaire et prestation des services, Services bancaires aux particuliers et aux entreprises, et de professeure en transformation numérique et en gouvernance des données dans le cadre du programme de maîtrise en information de l’Université de Toronto, Nazia contribue à l’établissement et au développement de nouvelles capacités numériques, à l’ère des changements continus.

Nous avons rencontré Nazia pour connaître les faits saillants de sa carrière, ses influences, et ses espoirs pour l’avenir.

Parlez-nous d’une des plus grandes difficultés que vous avez eu à surmonter.

La plus grande difficulté que j’ai eu à surmonter, c’est ce que ma culture attend d’une femme. Dans une famille sud-asiatique traditionnelle comme la mienne, le succès d’une femme se mesure selon des règles bien établies – se marier, avoir des enfants, et se soucier avant tout de sa famille. Ma famille a toujours encouragé les femmes à suivre des études supérieures – ma mère et mes tantes détiennent toutes une maîtrise –, mais cette formation est surtout considérée comme une façon de soutenir votre mari dans sa carrière, ou de pouvoir converser avec lui. Toutefois, dès que vous évoquez l’envie de faire carrière, on croit que vous allez abandonner votre mari et votre famille pour réussir sur le marché du travail. Malheureusement, c’est la norme culturelle pour beaucoup de gens. J’ai su très tôt que je voulais faire carrière – dans un domaine où je pourrais changer les choses. Comme j’ai grandi en Amérique du Nord, j’ai pu poursuivre mes rêves, mais je n’ai jamais pu compter sur le plein soutien de mes parents et amis. Je constatais toujours une certaine déception quand je me risquais à parler de ma carrière en éducation plutôt que d’un projet de mariage et de famille.

Quand je suis devenue mère, encore plus de barrières affectives sont apparues – on m’a demandé si je pouvais travailler tout en étant une bonne mère ; s’il était approprié d’accepter plus de responsabilités au travail ; etc. En tant que parent, on essaie toujours de trouver l’équilibre – l’organisation de notre société fait qu’il est encore difficile de tenir maison quand les deux parents travaillent. L’horaire de travail le plus courant – 9 h à 17 h – entre en conflit avec l’horaire scolaire, ce qui exige constamment des parents qu’ils négocient les priorités. J’ai la chance de travailler pour une entreprise qui prône la flexibilité, mais je me demande comment font les parents qui n’ont pas ce privilège. Des études ont confirmé que les responsabilités parentales reviennent souvent aux femmes, dont beaucoup freinent leur carrière après avoir eu des enfants.

Racontez-nous un fait saillant de votre carrière.

Cette année, j’ai eu l’occasion de mettre à profit mon expérience à RBC, dans les domaines de la transformation numérique et de la gouvernance des données, et de donner deux cours de maîtrise à la Faculté de l’information de l’Université de Toronto. Ç’a été un fait saillant de ma carrière, car j’ai fait mon entrée dans l’enseignement universitaire. J’ai toujours voulu enseigner, et j’ai réalisé mon rêve dans l’une des meilleures universités du Canada. Ça m’a permis de changer d’air par rapport à mon travail de jour, et de développer une autre facette de mes talents. Ç’a été une expérience formidable d’enseigner chaque semestre à plus de 50 futurs dirigeants. J’ai beaucoup appris sur leur façon de penser et de résoudre des problèmes. En fin de compte, j’ai enseigné et appris en même temps. Mon cours sur la gouvernance des données est encore au programme pour 2021, et j’ai hâte de poursuivre mon parcours d’enseignante tout en travaillant à RBC. Je crois que les services que la technologie peut rendre à la société n’en sont qu’à leurs balbutiements. Par exemple, si on considère ce qui est aujourd’hui possible à RBC, on ne fait qu’effleurer la surface.

Parlez-nous d’un mentor qui a eu une influence marquante sur votre vie.

Ma grand-mère, qui était très progressiste, a eu énormément d’influence sur moi quand j’étais enfant. Elle était encore adolescente quand elle s’est mariée, mais après avoir eu sept enfants, elle est retournée à l’école pour obtenir son diplôme. Elle m’a donné confiance en approuvant ma décision de faire carrière, et en me répétant que nos meilleurs amis dans le monde sont l’apprentissage et l’éducation. Elle m’a rappelé que je devais travailler très fort pendant ma vingtaine et ma trentaine afin d’établir les fondements de ma vie future, car je n’aurais pas beaucoup de soutien pour réaliser mes rêves. J’avais 17 ans quand ma grand-mère est morte, et après ça, je n’ai pas eu de mentor pendant un bon moment, jusqu’à ce que j’entre au service de RBC.

J’ai eu beaucoup de chance d’être guidée par tant de femmes fortes à RBC. La Banque compte de nombreuses femmes modèles qui dirigent des groupes stratégiques et créent une culture inclusive pour les femmes. Ma directrice actuelle, Alaina Aston, vice-présidente, Stratégie réglementaire et prestation des services, a joué un rôle déterminant pendant la pandémie, alors que nous avons tous dû changer notre façon de travailler. Elle a mené notre équipe avec empathie, et elle a trouvé de nouvelles façons de travailler et de collaborer pendant cette période éprouvante. Quand on est isolé du monde et qu’on travaille beaucoup, ce sont des choses qui font toute la différence dans le climat de travail.

Quel conseil donneriez-vous à votre fille ou à la jeune personne que vous étiez ?

Je donnerais à ma fille quelques conseils que j’aurais aimé connaître à son âge. Premièrement, le monde n’est pas tout noir ni tout blanc. Quand on est jeune, on a tendance à catégoriser les choses sans nuances. Quand on vieillit, on commence à se rendre compte que les choses sont moins tranchées qu’on le pensait ; tout est une question de perspective. On devient une bien meilleure personne quand on comprend les nuances et les divers points de vue. Je rappellerais aussi à ma fille de ne pas être si dure envers elle-même quand elle ne répond pas à toutes les attentes. Il est particulièrement important de rappeler cela aux filles quand elles grandissent. Les femmes s’orientent majoritairement vers certaines carrières parce que la société les a traditionnellement dirigées vers ces domaines. Lors d’une conversation téléphonique avec les autres lauréats des prix WXN, il y avait parmi nous une professeure agrégée, une cadre du secteur de l’assurance, une cadre du secteur technologique, et une militaire de haut grade ; toutes avaient un titre différent. Quand j’étais jeune, personne ne m’a jamais dit qu’il y avait autant de possibilités de carrière. J’élève Aleesa de manière qu’elle ne se sente pas confinée dans ses choix, et qu’elle ne voit pas le monde en noir et blanc. Je veux qu’elle sache qu’elle peut devenir ce qu’elle désire.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui cherche un mentor ?

La meilleure façon de trouver un mentor, c’est de déterminer le type de dirigeante que vous voulez être, puisqu’il y a différents styles de leadership. Vous devez trouver quelqu’un que vous admirez et qui saura vous guider d’une manière qui vous conviendra et qui répondra à vos besoins. Cette personne devra se montrer réellement engagée dans votre réussite. Deuxièmement, je conseillerais d’avoir plus d’un mentor. Nous sommes tous différents, et nous avons chacun un parcours distinct. Trouvez des mentors correspondant aux différentes facettes de votre personnalité, puis trouvez votre propre voix en vous inspirant de cet éventail de possibilités.

Puisque nous évitons actuellement les rassemblements et les activités en personne, il est plus difficile de repérer des mentors potentiels. Je vous recommanderais donc d’assister à des rencontres virtuelles et d’écouter les participants pour savoir ce qui compte pour eux. Soyez à l’affût des synergies avec vos convictions, puis invitez vos candidats à prendre un café virtuel.