TLDR :
- Les programmes de résidence dentaire offrent la possibilité de mettre en pratique ses compétences et d’approfondir ses connaissances dans différentes disciplines.
- Il existe deux types de résidences dentaires au Canada : les programmes d’études supérieures en dentisterie générale (AEGD) et les programmes de résidence en dentisterie générale (GPR).
- La poursuite d’une résidence dentaire peut retarder d’au moins un an le revenu d’un dentiste.
- Une résidence dentaire peut contribuer à augmenter le potentiel de revenus et les possibilités de carrière à l’avenir.
Introduction
Les dentistes en début de carrière ont de nombreuses possibilités de parcours de carrière. Une option après l’obtention du diplôme consiste à faire une résidence dentaire. Une résidence peut vous permettre de perfectionner vos compétences et d’élargir vos perspectives de carrière et vous ouvrir les portes vers des spécialités. Toutefois, elle comporte également des inconvénients, notamment une baisse de revenus à court terme et un possible retard dans le remboursement de vos dettes d’études. Voici comment évaluer l’aspect financier de cette décision.
Qu’est-ce qu’une résidence dentaire ?
Une résidence dentaire donne au diplômé l’occasion de travailler avec d’autres personnes dans un milieu d’apprentissage professionnel. Les programmes sont en général d’un an et, bien qu’ils ne soient pas obligatoires, ils sont un bon moyen de parfaire ses compétences et ses connaissances dans différentes disciplines. Plusieurs dentistes et formateurs chevronnés disent qu’une résidence d’un an est comparable à cinq ans d’expérience en exercice privé. Au bout du compte, un programme de résidence pourrait vous aider à connaître du succès tout au long de votre carrière.
« Dans n’importe quel type de formation, on apprend les compétences techniques et la théorie. La résidence permet de mettre tous ces apprentissages en pratique », explique la Dre Eleanor Weitzner, une ancienne résidente devenue clinicienne adjointe à l’hôpital Sunnybrook, à Toronto. Elle a elle-même suivi un programme de résidence d’un an à l’hôpital Sunnybrook avant de devenir clinicienne adjointe en dentisterie. « Je pense que tout le monde devrait le faire… C’est une occasion de mentorat en or. »
Types de programmes de résidence dentaire
Il existe deux types de résidences dentaires au Canada :
- Programme d’études supérieures en dentisterie générale (AEGD) : généralement offert dans les cliniques universitaires, ce type de programme permet aux résidents d’effectuer des interventions cliniques plus avancées et complexes, telles que la chirurgie parodontale et endodontique. Il est avantageux pour ceux qui envisagent de travailler dans une clinique privée ou dans un établissement d’enseignement supérieur.
- Programme de résidence en dentisterie générale (GPR) : généralement donné en milieu hospitalier, ce type de programme permet au résident d’être plus souvent en contact avec des patients ayant des troubles de santé. Il offre également des occasions de côtoyer différents spécialistes, comme des anesthésistes ou des spécialistes en chirurgie buccale et maxillo-faciale. Ce type de programme peut aussi aider le résident à prendre de l’expérience avec la clientèle gériatrique ou à besoins particuliers.
Il existe 15 programmes de résidence au Canada. Vous pouvez communiquer avec le responsable de chaque programme pour savoir s’il s’agit d’un programme AEGD ou GPR, ou d’une combinaison des deux. De plus, vous pouvez faire une recherche sur le site de l’Association dentaire canadienne ou de la Commission de l’agrément dentaire du Canada pour connaître les programmes de formation agréés dans chaque province.
Les avantages et inconvénients financiers d’une résidence dentaire
L’un des grands avantages d’une résidence dentaire est de pouvoir continuer à perfectionner ses compétences cliniques et relationnelles dans un milieu d’apprentissage professionnel. Il y a toutefois des répercussions financières dont il faut tenir compte.
Premièrement, il y a l’écart de revenus. En ne faisant pas de résidence et en passant directement à la pratique, vous pourriez gagner 100 000 $ ou plus dès la première année. Et, avec des prêts étudiants moyens dépassant 200 000 $, le salaire inférieur de la résidence pourrait prolonger les délais de remboursement ou augmenter les charges d’intérêts. Le coût de la vie est un autre facteur à prendre en compte, d’autant plus que de nombreuses résidences sont situées dans des centres urbains, où les frais de logement et de subsistance sont élevés.
Gardez à l’esprit que les dentistes ayant suivi une formation en résidence obtiennent souvent de meilleurs postes ou des spécialités mieux rémunérées par la suite. Si vous hésitez, il peut être utile de réaliser une analyse du seuil de rentabilité afin d’estimer combien d’années il faudrait pour que les avantages liés à la résidence compensent la perte de revenus.
Les programmes de résidence dentaire sont-ils rémunérés ?
Ils le sont en général, ce qui est un autre avantage à prendre en compte lorsqu’on envisage une cinquième année d’études. Cependant, il existe des écarts salariaux importants à travers le Canada.
Selon l’Association dentaire canadienne, le salaire peut atteindre 50 000 $ dans l’Ouest du Canada, alors qu’au Québec, les salaires sont beaucoup plus bas (environ 15 000 $). Dans d’autres provinces, certains programmes accordent environ 30 000 $ aux résidents. Il est donc important de bien examiner les différents programmes pour avoir une idée précise de la rémunération.
La résidence peut-elle améliorer votre potentiel de revenus ?
La résidence n’est pas obligatoire pour les spécialités, mais elle peut constituer un avantage concurrentiel. Le fait de participer à des interventions plus avancées et à des stages en milieu hospitalier témoigne de votre engagement. « Cette année supplémentaire témoigne de vos efforts et de votre volonté d’apprendre, précise la Dre Weitzner. Elle peut aussi vous mettre en contact avec la spécialité qui vous intéresse. »
De plus, les résidents ont plusieurs occasions de planifier des traitements et d’en parler avec des patients en personne, ce qui peut être moins facile qu’à l’école. À la fin du programme, la plupart des résidents se sentent plus compétents et confiants en tant que cliniciens.
Ainsi, même si la résidence ne garantit pas un potentiel de revenus plus élevé, cette expérience peut vous permettre de traiter des cas plus complexes, qui sont généralement mieux rémunérés. Certains propriétaires de cliniques préfèrent également embaucher des associés ayant suivi une formation en résidence, ce qui pourrait vous garantir un emploi plus stable tout au long de votre carrière.
Au-delà du salaire : d’autres avantages de la résidence dentaire
Les avantages de la résidence ne sont pas uniquement financiers. Le mentorat, le réseautage et le renforcement de la confiance obtenus au cours de la résidence peuvent tous contribuer à faire de vous un dentiste plus accompli. « La résidence m’a permis d’être une meilleure dentiste parce que j’ai appris à mettre en pratique les compétences techniques apprises à l’école pour une prise en charge totale du patient », explique la Dre Weitzner.
Comment tirer le meilleur parti de votre résidence – sur le plan financier et professionnel
- Planifiez : si vous envisagez de faire votre résidence, commencez à la planifier afin d’être bien préparé sur le plan financier.
- Recherchez les allocations offertes : la rémunération peut varier considérablement d’une province à l’autre. Comprendre ce qui est réaliste pour l’emplacement que vous avez choisi peut vous aider à planifier.
- Gérez stratégiquement vos dettes : pouvez-vous reporter le remboursement de votre prêt étudiant pendant votre résidence ? Pouvez-vous tirer parti des options d’emprunt offertes aux résidents ? Quel autre soutien financier pourrait vous aider à gérer vos dettes durant cette période ?
- Tirez le meilleur parti de votre expérience : n’hésitez pas à poser des questions ou à demander de l’aide. « Profitez de votre résidence au maximum. Participez pleinement, apprenez à connaître tout le personnel, observez tous les spécialistes et absorbez le plus de connaissances possible », recommande la Dre Weitzner, ajoutant que cette période est celle où l’on commet des erreurs et où l’on apprend à s’améliorer grâce à elles.
Qu’est-ce qui arrive habituellement à la fin d’une résidence ?
Selon la Dre Weitzner, environ la moitié des résidents se tournent vers la dentisterie générale, et l’autre moitié opte pour un programme spécialisé.
Certaines personnes ont du mal à trouver un emploi à temps plein après leurs études ou leur résidence. De nombreux dentistes fraîchement diplômés doivent occuper deux postes d’associé (ou plus) pour travailler à temps plein.
Cependant, les dentistes ayant suivi une formation en résidence peuvent avoir un avantage lorsqu’ils recherchent un poste d’associé. Sur le plan financier, la résidence peut être perçue comme un sacrifice à court terme pour un gain à long terme.
Si vous hésitez à vous lancer dans une résidence dentaire, prenez en considération les réalités professionnelles et financières. Analysez les chiffres, discutez avec d’anciens résidents et alignez votre décision sur vos objectifs de carrière.
Pour en savoir plus sur les différents programmes de résidence dentaire et pour trouver des réponses à d’autres questions fréquentes, consultez le site Web de l’Association dentaire canadienne.
Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, ni explicitement ni implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.






