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RBC
La pandémie a grandement affecté les jeunes qui pratiquent des sports d'équipe, ceux-ci ayant été mis sur la glace pour respecter les mesures sanitaires. Les jeunes provenant de milieux défavorisés ont été particulièrement touchés, car le sport est pour eux une source importante de motivation.

Les jeunes provenant de milieux défavorisés ont davantage de difficultés à l’école. Ainsi, selon Pour 3 Points, ils sont deux fois plus susceptibles d’éprouver des problèmes d’apprentissage et sont moins nombreux à obtenir un diplôme d’études secondaires. Fait inquiétant, certaines écoles secondaires du Québec présentent un taux de décrochage scolaire dépassant 50%.

Les jeunes peuvent trouver la motivation nécessaire pour persévérer à l’école grâce au sport, qui leur permet de socialiser et de se développer globalement.

Les coachs sportifs sont les adultes les plus influents dans la vie des jeunes athlètes après leurs parents. Ils peuvent donc faire une différence significative dans leur vie.

En effet, les coachs aident les jeunes à trouver la motivation nécessaire pour réussir non seulement dans le sport, mais aussi à l’école. Ils les aident également à développer des compétences de vie essentielles.

Cependant, pour que les coachs aient un réel impact en dehors du terrain, la qualité de l’encadrement est primordiale. Mais seuls 5 à 10% des coachs ont une formation qui leur permet de bien jouer leur rôle.

C’est ici que Pour 3 Points entre en jeu avec son modèle de coaching unique. L’organisation aide les jeunes à développer des compétences de vie et de la résilience pour réussir dans la vie, à l’école et dans le sport.

Pour atteindre ce but, Pour 3 Points transforme des coachs sportifs en coachs de vie, afin d’offrir à des jeunes, plus particulièrement ceux issus de milieux défavorisés, l’occasion de développer leur plein potentiel.

RBC s’est récemment entretenue avec Fabrice Vil, fondateur de Pour 3 Points, afin d’en savoir plus sur les initiatives en santé mentale offertes par l’organisation et sur l’impact qu’a eu la pandémie sur les jeunes.

Q. : Quels sont les programmes ou initiatives en santé mentale que vous offrez aux jeunes ?

Fabrice Vil : La mission de l’organisme Pour 3 Points est de former des coachs sportifs afin qu’ils aient un impact au-delà du sport auprès des jeunes provenant de milieux défavorisés, plus particulièrement dans une perspective de réussite éducative et sociale.

On agit en prévention des enjeux de santé mentale. Premièrement, on soutient le développement d’habiletés chez les jeunes, comme la confiance, la persévérance et la résilience. Deuxièmement, on forme des coachs afin qu’ils identifient les facteurs de risque par rapport à l’émergence de problèmes de santé mentale. Ils sont ainsi mieux outillés pour responsabiliser les jeunes, les soutenir et les rendre plus autonomes.

Les coachs agissent en prévention avec leur travail au quotidien auprès des jeunes, mais on les amène également à détecter les problématiques de santé mentale qui émergent chez les jeunes et à collaborer avec leur entourage pour voir ce qui peut être fait pour les soutenir.

Les coachs sportifs sont les adultes qui ont le plus d’influence auprès des jeunes après les parents. Mais ils n’ont pas nécessairement les outils, le bagage et les connaissances nécessaires pour accompagner les jeunes. D’où l’importance d’avoir des coachs qui sont outillés pour aider les jeunes dans leur développement.

Le programme de certification en coaching, d’une durée de huit mois, est notre programme principal. Il comprend des formations en groupe, de l’apprentissage entre pairs, un accompagnement individualisé et du travail sur le terrain auprès des jeunes.

La particularité de notre programme est qu’il intervient à deux niveaux. On intervient auprès des adultes, qui agissent ensuite auprès des jeunes, surtout auprès des jeunes adolescents. On a travaillé entre autres avec le Laboratoire de recherche en psychologie sportive de l’Université McGill.

L’impact du programme se mesure au niveau de quatre habiletés qui sont reconnues en psychologie du développement par le sport (les quatre C): le sentiment de compétence, la confiance, la connexion avec les autres et le caractère. Ce sont des facteurs de protection qui agissent en prévention des enjeux de santé mentale. Notre programme permet la détection précoce des problèmes de santé mentale.

Nous avons également des programmes d’introduction qui présentent nos notions de base aux coachs.

Q. : Quel a été l’impact de la pandémie sur votre organisation et les jeunes ? Comment êtes-vous arrivés à rejoindre les jeunes tout en respectant les mesures sanitaires ?

Fabrice Vil : On a eu à adapter nos programmes pour pouvoir les dispenser en ligne. On a quand même pu rejoindre un plus grand nombre de coachs vu qu’il y avait moins ou pas d’activités sportives. Quant aux jeunes, étant donné que les activités parascolaires étaient limitées, les coachs ont dû s’adapter de différentes façons. Plusieurs ont offert des entraînements en ligne et ont agi en tant que personnes-ressources auprès des jeunes même s’il n’y avait pas de pratiques ou de matchs.

Des coachs sont intervenus dans les écoles, entre autres dans les écoles primaires. Il y a eu des programmes dans Montréal-Nord, où on a pu collaborer avec certains organismes et certaines écoles. On a collaboré avec une école en particulier (école primaire Le Carignan), où des coachs agissaient en remplacement de certains enseignants dans les bulles-classes. Ils animaient des activités sportives pendant les périodes de répit des enseignants dans le respect des normes sanitaires.

On a bon espoir que les activités sportives reprennent à la rentrée en septembre prochain. On aimerait que les coachs puissent retrouver pleinement leur place dans les gymnases et auprès des jeunes parce que leur impact est plus grand quand il y a une plus grande proximité.

Q. : Pensez-vous que les jeunes sont devenus plus résilients après avoir survécu à la pandémie?

Fabrice Vil : Plusieurs intervenants s’inquiètent de l’impact que la pandémie va avoir sur la santé mentale et le potentiel de décrochage de certains jeunes. Comme adultes, c’est notre rôle de les soutenir et de ne pas laisser la pandémie avoir un impact trop dévastateur sur eux.

Mais je n’irais pas jusqu’à dire que les jeunes sont devenus plus résilients. Les jeunes ont été appelés à faire preuve de plus de résilience, mais la période a été difficile pour eux, particulièrement pour ceux vivant dans des milieux défavorisés. En effet, la pandémie a exacerbé les inégalités chez les jeunes avec lesquels on intervient. Ils ont été confrontés à de plus grands défis que les jeunes provenant de familles plus aisées. La responsabilité des adultes est d’agir pour limiter les problèmes qui peuvent résulter de la pandémie.

Q. : Pourquoi est-ce si important pour les jeunes d’augmenter leur résilience?

Fabrice Vil : Ne pas pouvoir se sentir en pleine maîtrise de ses moyens face à l’adversité est un facteur de risque par rapport aux enjeux de santé mentale. Donc, il devient nécessaire d’outiller les jeunes afin qu’ils puissent naviguer à travers certains défis pour leur réussite en général.

Mais ça devient critique de les soutenir de manière plus particulière par rapport aux enjeux de santé mentale. C’est essentiel que les jeunes aient le bagage nécessaire pour affronter les défis que la vie leur présente.

Q. : Croyez-vous qu’il y aura plus d’enjeux de santé mentale après la pandémie?

Fabrice Vil : Ça ne fait aucun doute, malheureusement, qu’il y en aura plus. C’est là où ça devient critique d’être proactif par rapport à la promotion de la santé mentale pour tous et particulièrement chez les jeunes. Il est important de briser l’isolement.

On a beaucoup parlé de racisme dans la dernière année. Nos jeunes sont largement issus de communautés racisées. Le contexte de la pandémie a des impacts au point de vue des enjeux de santé publique, mais le racisme a également un impact dans la vie des jeunes.

L’école est un lieu d’instruction, mais aussi de socialisation. De nombreux jeunes vont à l’école avec comme motivation première de pratiquer un sport. Donc, l’absence d’une activité motivante a été difficile comme expérience.

Pour 3 Points œuvre dans les écoles, les clubs sportifs et les organismes communautaires, principalement dans la grande région de Montréal, mais également dans d’autres secteurs dont la région de Québec.

RBC Fondation soutient l’organisme Pour 3 Points dans ses efforts pour aider les jeunes défavorisés. « Depuis le début de la pandémie, nos jeunes ont été particulièrement touchés par des problèmes de santé mentale : anxiété, isolement ou déprime. Heureusement, Pour 3 points est présent sur le terrain avec une approche unique qui aide nos jeunes à développer confiance et résilience, et à atteindre leur plein potentiel. C’est de cette façon qu’on bâtit l’avenir des jeunes au Québec, un geste et une action à la fois », a mentionné Nadine Renaud-Tinker, présidente, Direction du Québec, RBC Banque

Objectif avenir RBC offre des ressources aux jeunes pour améliorer leur santé mentale.