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RBC
Séparé de la majeure partie du pays, le Canada atlantique n’a enregistré pratiquement aucun cas de COVID-19 pendant des mois. Mais comme le fait remarquer Vinita Savani, présidente régionale, Provinces de l’Atlantique, RBC, une anxiété sous-jacente n’a jamais cessé d’agiter les quatre provinces.

« Beaucoup de gens dans le Canada atlantique – moi y compris – ont de la famille dans d’autres provinces, souligne Mme Savani. Les restrictions de voyage à l’intérieur et à l’extérieur de la bulle de l’Atlantique leur ont causé énormément d’inquiétude, car ils ne savaient pas quand ils pourraient revoir leurs proches. »

Bien que l’anxiété ait touché des personnes de tous âges, Mme Savani estime que la pandémie a eu des conséquences particulièrement lourdes sur les jeunes. « La pandémie a bouleversé la vie de mes deux fils adolescents – pendant la majeure partie des deux dernières années scolaires, ils ont dû s’adapter à l’apprentissage en ligne et ils n’ont pas pu pratiquer de sports ou fréquenter leurs amis comme à l’habitude, ajoute-t-elle. La remise des diplômes, le bal des finissants, les cours en personne au collège ou à l’université, le premier emploi – ces rites de passage ont radicalement changé pour eux et pour d’autres jeunes. Nous traversons tous une période difficile, mais je crois que dans l’ensemble c’est encore plus dur pour les jeunes. »

Mme Savani reconnaît que la résilience est essentielle pour surmonter les difficultés engendrées par la pandémie, mais les jeunes n’ont pas tous eu l’occasion de développer cette aptitude. « Je n’aime pas mettre tous les enfants dans le même panier et dire qu’ils sont tous résilients ou qu’ils ne le sont pas, affirme-t-elle. Les jeunes ont besoin de mécanismes de soutien et, compte tenu de la vaste étendue de notre territoire et du nombre élevé de communautés rurales, il est plus important que jamais de tirer parti de la technologie pour faire en sorte qu’ils puissent tous développer l’aptitude essentielle qu’est la résilience. »

RBC s’est entretenue récemment avec Eric Windeler, fondateur et directeur exécutif de Jack.org, et avec Patrice Cammarano, représentant de réseau pour le Nouveau-Brunswick et étudiant à l’Université St. Thomas, au sujet des moyens à donner aux jeunes pour qu’ils puissent mener la conversation sur la santé mentale des jeunes et le développement de la résilience.

Q. : Que se passe-t-il au Canada atlantique ?

D’après l’expérience qu’il vit lui-même au Nouveau-Brunswick, M. Cammarano constate les graves répercussions que le manque de contacts et de relations humaines peut avoir sur les gens. « Tout le monde est isolé et c’est difficile pour beaucoup de personnes de vivre seules ou dans leur propre bulle, déclare-t-il. Pour la plupart des jeunes, les relations avec les autres constituent le meilleur réseau de soutien qui peut les aider à lutter contre une épreuve et à la surmonter, mais la pandémie de COVID-19 leur a enlevé cette principale source d’adaptation. »

Il indique également que l’incertitude entourant les mesures de confinement a causé bien des dégâts. « Le yoyo incessant de l’imposition et de la levée des mesures de confinement a engendré beaucoup de stress pour les gens », souligne-t-il.

Q. : Pourquoi est-il plus important que jamais de soutenir la santé mentale des jeunes ?

« Les jeunes ont connu des bouleversements sans précédent dans leur vie, fait observer M. Windeler. Après le début de la pandémie, nous avons tout de suite commencé à constater une plus grande détresse au sein de notre réseau de jeunes, et les données le confirment, explique-t-il. Selon une étude récente (en anglais) effectuée par le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), environ un étudiant sur cinq a déclaré ressentir une détresse psychologique grave en raison de la pandémie, ce qui est presque deux fois plus que les cas signalés il y a quelques années. Et un sondage Ipsos (en anglais) mené récemment a révélé que la moitié des personnes interrogées étaient considérées à haut risque, ce qui représente une augmentation de 8 % par rapport à 2018, et les jeunes sont touchés de manière disproportionnée », ajoute-t-il.

« Il y a plusieurs années, une étude a démontré que 53 % des jeunes avaient eu une première interaction avec le système de santé mentale dans une salle d’urgence, ce qui n’est pas idéal. Il est très important d’informer les gens à l’avance pour éviter que la première intervention survienne en situation de crise. On veut que les jeunes soient suffisamment à l’aise pour en parler avec un pair, un de leurs parents ou leur médecin généraliste – le fait d’être ouvert à ce sujet dès le début influe favorablement sur les résultats. »

Q. : Comment la résilience aide-t-elle un jeune à composer avec la pandémie ?

Selon M. Windeler, la résilience est un mot largement utilisé dans le domaine de la santé mentale. « Je la compare souvent à un baril. Au début, vous aurez peut-être un baril partiellement rempli. Vous souhaitez apprendre les éléments qui permettront de le remplir, comme les bons comportements qui vous conviennent. Un de ces éléments consiste à parler ouvertement de ce que vous vivez. C’est important aussi de se constituer un réseau afin d’avoir des gens de son côté et de prendre de bonnes habitudes, comme limiter le temps consacré aux médias sociaux, se réserver du temps pour aller prendre l’air, bien dormir et avoir des contacts avec les gens. »

« À Jack.org, nous comptons 3 000 jeunes leaders, dont beaucoup m’ont dit qu’ils étaient devenus membres de l’organisation pour aider d’autres personnes, mais que le fait d’en faire partie et de donner en retour les avait également aidés. D’après mon expérience, le fait d’aider les autres est très positif et contribue à développer la résilience. »

Q. : Pourquoi est-il important de s’occuper tôt des problèmes de santé mentale ?

Ce n’est pas un hasard si la clientèle de Jack.org appartient au groupe d’âge des 15-24 ans (et plus) – 75 % des cas de maladie mentale se déclarent dans ce groupe, selon M. Windeler.

« Les jeunes qui se trouvent dans cette période de transition vivent de nombreuses situations – certains habitent pour la première fois loin de chez eux, d’autres connaissent leur première relation, leur première rupture, etc. C’est une période qui mène à la maturation de l’esprit et du corps, et lorsqu’on se heurte à des obstacles pour la première fois, c’est très difficile. Je pense à mon fils. À notre connaissance, il avait été en pleine forme et très heureux jusqu’à l’âge de 18 ans. Mais lorsqu’il a commencé à éprouver des difficultés, il a tout gardé pour lui – et il ne s’y connaissait pas du tout en santé mentale. Un tel état de fait peut avoir des conséquences tragiques, d’où l’importance capitale d’informer tôt nos jeunes. »

Q. : En quoi votre programme a-t-il changé depuis le début de la pandémie ?

« Nous avions le projet de nous tourner vers le numérique dans les années à venir, confie M. Windeler. Lorsque la pandémie de COVID-19 a éclaté, ce projet a amorcé un virage marqué. Nous avions déjà fait de bons progrès du côté de notre ressource primée Être là, dont le nombre d’utilisateurs a explosé ; cela nous a donc incités à peaufiner nos ressources numériques dans l’ensemble de l’organisation. Nous avons réussi rapidement à offrir nos Sommets, Présentations et Sections en mode virtuel. »

« On peut facilement joindre plus rapidement un plus grand nombre de personnes, continue M. Cammarano, en parlant du virage aux services numériques. Dans une région très divisée sur le plan géographique entre les communautés francophones et anglophones, il est plus facile d’accéder à des services dans la langue de son choix, poursuit-il. Si une personne qui vit dans le nord du Nouveau-Brunswick a besoin d’une ressource en anglais, par exemple, elle peut y avoir accès plus facilement. »

M. Windeler convient que le recours aux soins numériques s’est accéléré – non seulement en raison des aspects pratiques de la vidéoconférence et d’autres plateformes, mais aussi de la capacité des gens à les utiliser. « Nous sommes sans aucun doute sur la bonne voie pour accélérer les soins virtuels et à ma connaissance, ces traitements peuvent s’avérer très efficaces. »

Q. : Avez-vous l’impression que les problèmes de santé mentale sont de moins en moins stigmatisés

M. Windeler explique : « Au cours des dix dernières années, les choses ont évolué dans la bonne direction, mais la pandémie a précipité le mouvement. Cette tendance est en train de se normaliser, ce qui est une très bonne chose. Par contre, nous devons veiller à ce que le mouvement ne s’arrête pas à la fin de la pandémie – nous devons maintenir la cadence. »

M. Cammarano est d’accord, mais ajoute qu’au Canada atlantique, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. « La stigmatisation est toujours présente dans les régions rurales, indique-t-il. Des écoles organisent des semaines de la santé mentale, de sorte qu’il devient un peu plus normal d’aborder ce sujet, mais les communautés rurales doivent rattraper leur retard par rapport aux autres. »

Pour contribuer à joindre un plus grand nombre de jeunes chez eux, le secteur Provinces de l’Atlantique, RBC, a entamé une collaboration avec la Queen Elizabeth II Foundation afin de fournir gratuitement des outils de santé mentale électroniques aux Néo-Écossais, et Objectif avenir RBC offre plusieurs ressources numériques sur la santé mentale, élaborées en collaboration avec Jack.org.

À quel point êtes-vous résilient ?

En plus de vous aider à surmonter des situations difficiles, la résilience peut vous mener à grandir et à améliorer votre vie de bien des façons. Répondez au Questionnaire sur la résilience pour voir à quel point vous êtes résilient aujourd’hui, et découvrir les stratégies que vous pouvez adopter pour améliorer votre résilience tout au long de votre vie.

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