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RBC
Le programme OK2BME de KW Counselling aide les jeunes à accroître leur résilience en misant sur la force des liens au sein de la collectivité.

La résilience d’une personne est sa capacité émotionnelle de surmonter rapidement les difficultés. Cependant, une situation persistante de discrimination et d’exclusion peut nuire à cette capacité. Une telle situation accroît le niveau de stress et peut entraîner des problèmes de santé mentale comme la dépression et l’anxiété.

Les jeunes LGBT+, en particulier, peuvent être touchés par la discrimination. Au cours d’une étude OutLook réalisée récemment auprès d’étudiants du secondaire de la région de Waterloo, en Ontario, 45 % des répondants cisgenres (personnes dont l’identité de genre correspond au genre assigné à la naissance) et 70 % des répondants trans ont indiqué avoir des problèmes d’estime d’eux-mêmes. Les jeunes ont été atteints de manière disproportionnée par les conséquences de la pandémie, dit Claude DeMone, président régional, Sud-ouest de l’Ontario, à RBC, laquelle s’est engagée à soutenir des programmes aidant les jeunes et leur famille à accéder à des soins en santé mentale appropriés au moment où ils en ont besoin.

« Durant la pandémie, beaucoup d’entre nous ont dû puiser dans leurs ressources de résilience, c’est-à-dire dans leur capacité de surmonter l’adversité, dit M. DeMone. Pour que cette capacité demeure robuste, nous avons besoin d’un soutien solide de la part de notre famille, de nos amis et de membres de la collectivité. Comme les jeunes ont été isolés pendant plus d’un an – sans activités sociales ni apprentissage en présentiel, et sans la possibilité d’accéder facilement à des programmes communautaires –, on comprend aisément que leurs “réserves de résilience » puissent être épuisées. »

Les problèmes de santé mentale sont souvent aggravés par le manque de services en santé mentale fondés sur une vision positive des personnes LGBT+. En Ontario, au cours d’une étude réalisée en 2020 par YouthLine, près du tiers des jeunes LGBT+ ont indiqué que les services tels que le counseling ne répondaient pas à leurs besoins en matière de santé mentale.

La plupart des participants ont aussi fait état d’un faible sentiment d’appartenance à leur collectivité, la moitié d’entre eux indiquant qu’ils n’ont jamais eu accès à un espace réservé aux personnes LGBT+ dans leur collectivité (p. ex., ateliers pour jeunes LGBT+).

Si vous êtes un parent d’une personne LGBT+ (ou apportez un soutien à une personne qui s’identifie comme telle), comment pouvez-vous contribuer à créer chez celle-ci un sentiment d’appartenance à une communauté et à la collectivité dans son ensemble ? Et comment pouvez-vous aider cette personne à surmonter les problèmes de santé mentale qui découlent de situations persistantes de discrimination ?

Conçu à l’intention des jeunes, le programme OK2BME de KW Counselling Services contribue de trois façons à favoriser la santé mentale et le sentiment d’appartenance des jeunes LGBT+ de la région de Waterloo. Tout d’abord, les personnes de moins de 30 ans peuvent accéder gratuitement à des services de counseling offerts dans un contexte sécuritaire. En deuxième lieu, OK2BME offre des programmes sociaux et de leadership s’adressant aux jeunes. Enfin et surtout, OK2BME organise des ateliers d’information du public et des formations qui font la promotion de l’inclusion des personnes LGBT+ et de l’équité à leur égard, contribuant ainsi à répandre l’information, à accroître le nombre d’alliés et à modifier les attitudes. Après tout, comme l’explique un document d’OK2BME, ce qui est à l’origine des problèmes de santé mentale des jeunes LGBT+, c’est non pas leur identité, mais plutôt la discrimination dont ils font l’objet en raison de leur identité.

« Toute personne a le droit de se sentir en sécurité et à l’aise d’être totalement elle-même, ajoute M. DeMone. À RBC, nous croyons que nous avons un rôle clé à jouer pour créer des milieux de travail et une société plus diversifiés et plus inclusifs pour les générations à venir. Nous sommes extrêmement fiers de faire équipe avec des organismes comme KW Counselling Services et d’appuyer leur mission en encourageant et en soutenant les jeunes LGBT+ dans les collectivités où nous sommes présents. »

Alicia Rubel, travailleuse sociale, thérapeute et éducatrice du public à OK2BME, nous a parlé d’éducation du public, de résilience collective et du plaisir de voir les jeunes LGBT+ s’épanouir au cours des séances de groupe organisées par l’organisme, même si celles-ci étaient en ligne cette année.

Q. : De quelle façon les collectivités peuvent-elles aider les jeunes à être résilients ?

« Les adultes et les gens qui ont du pouvoir ont la responsabilité de faire en sorte que le monde soit un endroit sécuritaire pour les jeunes 2SLGBTQ+ – afin que ces jeunes puissent vivre comme des êtres sensibles et ouverts, sans avoir à ériger des barrières de protection autour d’eux et sans devoir livrer un combat constant, déclare Mme Rubel.

Ce que nous voulons, dit-elle, c’est créer une collectivité favorisant la résilience des jeunes 2SLGBTQ+. Nous efforçons de créer des environnements pouvant favoriser une résilience collective, plutôt que de laisser le fardeau aux jeunes.

Cela explique en bonne partie les efforts que déploie notre organisme pour éduquer le public et mettre un terme à certains aspects de l’oppression actuelle. Cela fait aussi comprendre l’importance des groupes que nous organisons afin de rompre l’isolement des jeunes. »

Q. : Comment les jeunes que vous voyez ont-ils composé avec la pandémie ?

« Un aspect positif que nous avons observé est le fait qu’un certain nombre de jeunes et d’adultes en ont profité pour chercher à mieux se connaître eux-mêmes et explorer leur identité, dit Mme Rubel.

Il est clair que c’est une période difficile pour les jeunes, car ils sont à un âge où les relations avec les autres sont d’une extrême importance. Devoir passer par une période d’isolement est vraiment très difficile pour eux, et particulièrement pour les personnes 2SLGBTQ+, car les liens avec la communauté 2SLGBTQ+ constituent en temps normal une certaine protection contre les effets de l’oppression. »

Selon Mme Rubel, les efforts que déploient les gens pour être résilients peuvent parfois s’exprimer par des comportements défensifs – et donner l’impression qu’ils « érigent un mur » autour d’eux pour se protéger.

« Il faut garder à l’esprit que certaines personnes 2SLGBTQ+ vivent dans un milieu familial qui ne leur apporte pas nécessairement du soutien, explique-t-elle. Par conséquent, une période comme celle que nous traversons peut être très difficile pour elles. »

Q. : Avez-vous vu un renforcement de la résilience chez les jeunes durant les séances numériques de groupe ?

« Ceux qui vivent dans un espace sécuritaire ont pu profiter de la période actuelle pour faire des expériences relativement à l’expression de leur identité de genre, car ils n’ont pas nécessairement à s’affirmer en public, dit-elle. La pandémie a donc été pour beaucoup de jeunes une occasion d’en venir à reconnaître leur identité, d’apprendre à mieux se connaître, et dans certains cas d’affirmer leur identité.

Dans les ateliers Gender Journeys (« voyages liés au genre »), en particulier, ainsi que dans nos autres groupes s’adressant aux jeunes, nous avons observé un immense progrès au chapitre de la confiance en soi. Beaucoup de jeunes, les premières fois qu’ils se connectent virtuellement, sont d’une extrême timidité – n’allumant pas leur caméra, ne voulant pas parler à voix haute et utilisant uniquement la fonction de clavardage.

Cela tient simplement au fait que leur expérience varie en ce qui a trait au degré d’acceptation qu’ils ont connu à la maison et dans d’autres sphères de leur vie.

Puis, avec le temps, nous les voyons allumer leur caméra et se mettre à participer davantage. Et un jour, ils arrivent à la séance impatients de parler de leur journée. »

Q. : Quels changements avez-vous observés au cours des séances numériques de groupe ?

« Souvent, nous avons vu nos écrans s’illuminer littéralement après quelques semaines. C’est vraiment très beau, car à la première séance, il y a parfois uniquement des écrans noirs, avec des noms. Puis les participants commencent à se sentir à l’aise de leur apparence – or, dans le cas des jeunes trans ou au genre variant, cela peut être assez intimidant.

Les commentaires que nous recevons indiquent un immense progrès au chapitre de la confiance en soi et du sentiment d’appartenance. Nous observons aussi, dans les séances Gender Journeys, un bond immense en ce qui concerne la compréhension de ce que signifie avoir une identité autre.

C’est vraiment l’une des choses très belles que nous observons dans ces groupes. Les participants sont emballés de célébrer leurs victoires respectives et les changements qui surviennent dans la vie de chacun. Ils sont heureux de dire : “D’accord, de quelle façon allons-nous être amis maintenant ? Comment allons-nous nous soutenir mutuellement ? » Ces échanges entre les participants se poursuivent en dehors de nos séances. Il nous arrive presque de dire en blague qu’une séance officieuse se tiendra après notre séance. »