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RBC
Toni Desrosiers est une vraie créatrice de tendances. Fondatrice et chef de la direction d'Abeego, elle a découvert comment préserver la fraîcheur des aliments afin de réduire les pertes découlant de la dégradation de la nourriture. Ce faisant, elle a perturbé une industrie milliardaire.

#maréalisation : Innovateurs, entrepreneurs et idealists

Vous êtes-vous déjà demandé comment les entrepreneurs réussissent à transformer leurs rêves en réalité ? Ce qui les motive à repousser les limites, à susciter le changement et à faire progresser leur secteur ? Nous avons eu l’occasion de le demander à des propriétaires de petite entreprise du Canada.

Toni Desrosiers, lauréate du prix Pionnière dans le cadre des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2018, est une véritable créatrice de tendances. La fondatrice et chef de la direction d’Abeego, entreprise qui fabrique une pellicule d’emballage alimentaire respirante et réutilisable faite de cire d’abeille, a trouvé un moyen de perturber l’industrie milliardaire de la pellicule plastique. Et elle le fait depuis plus d’une décennie.

Elle a récemment témoigné de son parcours de nutritionniste à fabricante et de la passion qui la pousse à mettre à profit l’innovation et l’invention pour réduire le gaspillage alimentaire.

Q. : Qu’est-ce qui vous a poussée à inventer Abeego ?

Toni Desrosiers : Notre mission est de préserver les aliments le plus longtemps possible. En moyenne, les consommateurs gaspillent 40 % des aliments qu’ils achètent, la plupart du temps parce que ces derniers n’ont pas été entreposés adéquatement.

Abeego

J’ai eu l’idée d’Abeego en constatant que tous les emballages produits par la nature sont respirants, qu’il s’agisse de l’écorce de citron, de la croûte de fromage ou de la peau d’oignon. Abeego est une pellicule de cire d’abeille réutilisable qui n’empêche pas l’air de passer : elle offre plutôt une barrière de protection tout en laissant les aliments respirer.

Notre exemple préféré est la durée de vie d’un avocat emballé dans une pellicule Abeego. Les gens publient des photos d’avocats ouverts depuis trois à cinq jours et qui ont toujours l’air frais. Grâce à Abeego, les avocats pourris sont chose du passé.

Q. : Quelles sont les personnes qui vous ont appuyée dans votre parcours ? Qu’ont-elles fait pour contribuer à votre réussite ?

Je suis entourée de personnes formidables. Colin, mon mari, est mon principal supporteur. Pendant de nombreuses années, il a travaillé à mes côtés pour faire d’Abeego ce qu’elle est aujourd’hui. Il a cru en mes idées folles, et il m’a encouragée à poursuivre les essais et à ne pas abandonner.

Mon équipe est également formidable. Je sais qu’Abeego peut susciter beaucoup de scepticisme. C’est naturel. Quant aux personnes que nous embauchons, elles essaient le produit elles-mêmes. Après en avoir fait l’expérience, elles font la promotion du produit avec une grande conviction. L’équipe croit en ma vision.

Q. : Comment avez-vous réussi à mettre en place une équipe aussi formidable ? Quelles sont vos pratiques d’embauche et de maintien en poste ?

Toni Desrosiers : Je demande à tous les candidats ce que signifie pour eux la préservation des aliments.

J’obtiens ainsi une idée de leur relation avec les aliments. Abeego est une entreprise centrée sur les aliments et leur durée de vie ; tout part de là. En nous renseignant sur la relation qu’un candidat entretient avec les aliments, nous pouvons mieux évaluer s’il s’intégrera avec succès à notre culture.

Nous avons aussi élaboré six principes directeurs. Par conséquent, nous examinons non seulement l’expérience professionnelle d’une personne, mais aussi sa personnalité et sa capacité à adhérer à ces principes directeurs. Ses convictions correspondent-elles aux nôtres ? Pour moi, il est essentiel que les employés croient en notre vision.

Q. : Quel est le meilleur conseil que vous avez reçu lorsque vous démarriez l’entreprise ?

Toni Desrosiers : La conférence Ted de Simon Sinek intitulée Comment les grands leaders inspirent l’action m’a démontré l’importance de garder le cap sur ce qui nous motive. J’ai eu l’occasion de le rencontrer, ce qui a renforcé l’idée qu’il faut savoir pourquoi on fait des affaires, et non seulement ce qu’on fait ou comment on le fait.

Q. : Y a-t-il eu des moments où vous pensiez que vos projets ne fonctionneraient pas ?

Toni Desrosiers : J’y pense encore. Cette réflexion remonte périodiquement à la surface. J’ai toujours été convaincue de la justesse du concept d’Abeego, mais je n’étais pas certaine si le marché allait être prêt à l’accueillir. J’ai surmonté ce doute en restant concentrée sur le message de notre marque et sur la clientèle qui était prête à accepter ce message. Nous n’essayons pas de plaire à tout le monde. Nous savons qui nous sommes et nous connaissons notre clientèle cible.

Q. : Aujourd’hui, vos produits se vendent dans des centaines de magasins en Amérique du Nord et en ligne partout dans le monde. Comment avez-vous réussi à en arriver là ?

Toni Desrosiers : Honnêtement, le bouche-à-oreille est très efficace. Nous menons aussi des activités promotionnelles qui permettent aux gens de voir et de toucher Abeego ; nous avons constaté que notre meilleur outil de marketing est le produit lui-même.

Nous menons aussi des activités promotionnelles qui permettent aux gens de voir et de toucher Abeego ; nous avons constaté que notre meilleur outil de marketing est le produit lui-même.

Toni Desrosiers

Q. : Y a-t-il quelque chose que vous auriez fait différemment ?

Toni Desrosiers : J’aurais embauché un chef de l’exploitation beaucoup plus tôt – quelqu’un qui est axé sur l’action et qui peut mettre les choses en place. Je suis une visionnaire et mes idées sortent de l’ordinaire, mais il me faut une personne dont le cerveau complète le mien.

Q. : Selon vous, quel rôle jouent les entrepreneures pour façonner l’avenir et l’économie du Canada ?

Toni Desrosiers : Dans les premiers temps d’Abeego, mon produit était très orienté vers les femmes. J’ai recherché des partenaires féminines— dirigeantes et conceptrices — et je me suis entourée de professionnelles pour faire avancer l’entreprise. Cette approche a fait toute la différence : étant entourée de femmes fortes, ma vision n’est pas limitée par des préjugés.

Q. : En acceptant votre prix, vous avez dit que vous vouliez vraiment recevoir celui-là. Pourquoi ?

Toni Desrosiers : J’adore le mot « pionnière ». Souvent, les inventrices passent complètement inaperçues. Il faut souligner les réalisations des inventrices ; elles ont accompli des choses formidables. Saviez-vous que c’est une femme qui a inventé les essuie-glaces ? Personne ne le sait.

En novembre 2018, les réalisations de 23 femmes ont été soulignées par les Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2018. Ces femmes exceptionnelles et leurs entreprises pionnières dans une variété de secteurs ont un objectif en commun : se distinguer par leur excellence.

L'appel de candidatures est lancé pour les Prix canadiens de l'entrepreneuriat féminin 2019. Si vous connaissez une entrepreneure inspirante, proposez sa candidature dès aujourd'hui!

Un autre article de la série « Femmes entrepreneures canadiennes » :