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Janice Diner, fondatrice de Horizn, parle du démarrage de son entreprise, des mérites de l'autofinancement et des facteurs à la base de la réussite de Horizn.

#maréalisation : Innovateurs, entrepreneurs et idealists

Vous êtes-vous déjà demandé comment les entrepreneurs réussissent à transformer leurs rêves en réalité ? Ce qui les motive à repousser les limites, à susciter le changement et à faire progresser leur secteur ? Dans le cadre de notre série #maréalisation, nous avons demandé à des propriétaires de petites entreprises canadiennes comment ils ont transformé leurs idées, leurs objectifs et leurs passions en réalité.

Horizn est une entreprise de logiciels qui soutient des leaders mondiaux dans la mise en œuvre de transformations. Horizn s’emploie principalement à aider des institutions financières à accélérer l’adoption de technologies numériques et mobiles par leur personnel et leur clientèle. Elle a aidé des entreprises à lancer des produits dans 15 langues et dans plus de 50 pays. Horizn compte parmi ses clients des géants comme RBC, U.S. Bank, M&T Bank, Nationwide Building Society (Royaume-Uni) et Key Bank.

Interviewée récemment, Janice Diner, fondatrice de Horizn, a décrit le démarrage de son entreprise, l’approche qu’elle privilégie en matière de financement, ainsi que certaines des difficultés auxquelles son entreprise et elle-même ont été confrontées.

Q. : Comment Horizn a-t-elle démarré, et quel type de problème résout-elle pour ses clients ?

Janice Diner : J’ai lancé Horizn pour saisir une occasion que j’avais perçue. J’avais remarqué que des entreprises investissaient massivement dans des produits novateurs sans que ceux-ci soient ensuite adoptés de façon optimale par leurs clients. Une innovation est sans effet si elle n’est pas adoptée. Pourtant, nombre d’entreprises oubliaient de se demander si leurs clients accepteraient et utiliseraient les technologies qu’elles mettaient à leur disposition.

Nous nous sommes dotés d’une mission claire : Horizn s’assure que les clients et les employés des institutions financières possèdent les connaissances numériques nécessaires pour utiliser, dès leur introduction sur le marché, les produits, innovations et caractéristiques que lancent ces institutions.

Q. : Vous avez décrit Horizn comme une entreprise rentable et fière qui s’était édifiée sans apport de capitaux extérieurs. Pourriez-vous donner des détails ?

Janice Diner : Beaucoup de gens ont tendance à penser que la seule façon de démarrer une entreprise est de lever des capitaux. Or, nous avons démarré Horizn sans engager de capitaux de tiers. Ce n’est pas qu’il y ait quoi que ce soit de mal à rechercher un financement sous forme de capital de risque. Mais l’important pour nous est de montrer qu’on peut s’y prendre de diverses façons pour créer une entreprise.

J’ajoute qu’il est bien connu que les femmes sont largement sous-représentées dans le secteur du financement, tout comme elles le sont à la haute direction des entreprises et dans les conseils d’administration. Comme il est très difficile pour des femmes de lever des capitaux, nous avons décidé de faire les choses nous-mêmes en sollicitant du financement auprès de nos clients. Il est important que les femmes sachent qu’il y a plus d’une façon de démarrer une entreprise.

Q. : Comment détermine-t-on l’approche qui convient à une entreprise donnée en matière de financement ?

Janice Diner : L’argent est comme du carburant à mes yeux. Toutes les formes de carburant se valent. Essentiellement, l’argent est ce qui me permet de développer et de faire fonctionner mon entreprise. Et ça demeure vrai quelle que soit la provenance de l’argent. Je ne vous dirai pas que vous devriez – ou ne devriez pas – lever des capitaux. Certaines entreprises ne peuvent tout simplement pas démarrer sans recevoir un financement sous forme de capital de risque.

À Horizn, nous avons eu la chance de pouvoir créer un produit en temps réel en collaboration avec des clients. Et donc, dès le départ, nous avions un produit, des clients et une source de revenus. Les entreprises ne peuvent pas toutes procéder de la sorte et être rentables dès le premier jour.

Q. : Pourriez-vous nous parler des avantages d’une telle approche autonome ?

Janice Diner : Quand on procède sans apport de capitaux externes, il faut être payé pour tout ce qu’on produit. Et donc, il est essentiel de créer un produit qui fonctionne – un produit qui suscite l’enthousiasme des clients et de leurs utilisateurs, et qui permet aux clients d’atteindre leurs objectifs en matière de rendement du capital investi.

Je crois aussi que, selon une approche autonome, le droit d’embaucher est non pas quelque chose qui nous est donné au départ, mais plutôt quelque chose que l’on doit mériter. Il y a une différence subtile. Si vous adoptez une approche autonome, vous élaborez uniquement les produits que vos clients achètent. Comme ils vous paient pour ces produits, vous pouvez payer vos employés. Si, par contre, vous levez des capitaux, vous pouvez embaucher du personnel sans égard pour le potentiel de rentabilité de votre produit.

Q. : Parlez-nous de certains des défis auxquels vous avez été confrontée au cours de l’évolution de votre entreprise.

Janice Diner : Il y a eu quelques moments clés. Le plus important est survenu en 2012 lorsque nous avons décroché un contrat multinational de plusieurs années de la part de Motorola, qui était alors la propriété de Google. Et nous n’avions que quatre employés. Devenir une entreprise mondiale et exécuter un contrat de portée mondiale ont représenté un défi de taille. Il nous a fallu quelques années pour donner à notre entreprise une envergure reflétant celle de notre contrat.

À quoi attribuez-vous les réussites de votre entreprise ?

Janice Diner : À notre vision, à notre ténacité, à notre effectif. Et j’ajoute l’habileté en matière de gestion des relations.

Choyez vos clients. Assurez-vous de comprendre leurs activités et leur perception de la réussite. L’une de nos règles clés est : « Prenez l’avion. » En somme, allez rencontrer vos clients, donnez plus de visibilité à votre entreprise et ayez des contacts suivis avec vos clients.

Enfin, à mes yeux, la culture a nettement plus de poids que la stratégie. Et donc il faut absolument embaucher les meilleures personnes.

Q. : Vous avez une vision intéressante des « erreurs » dans une entreprise. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Janice Diner : Il ne faut pas se préoccuper des erreurs, car on en fait beaucoup. Cherchez constamment à faire les choses différemment. Adoptez un angle nouveau qui donne des résultats meilleurs et plus robustes. Pour nous, si quelqu’un « glisse » sur quelque chose, il est naturel de transformer cette « erreur » en occasion.

Q. : Enfin, quels conseils donneriez-vous aux entrepreneurs qui en sont à leurs débuts ?

Janice Diner : J’aurais cinq conseils pour les nouveaux entrepreneurs :

1.Créez vos produits en temps réel avec vos clients.

2.Choyez vos clients et faites en sorte qu’ils aiment traiter avec vous.

3.Rendez visite à vos clients et participez aux événements de votre secteur.

4.Embauchez les meilleures personnes. Ce sera votre ressource la plus précieuse pour créer d’excellents produits.

5.Rappelez-vous que vous n’êtes pas en affaires pour démarrer. Vous êtes simplement en affaires!

En novembre 2018, les réalisations de 23 femmes ont été soulignées par les Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2018. Ces femmes exceptionnelles et leurs entreprises pionnières dans une variété de secteurs ont un objectif en commun : se distinguer par leur excellence.

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