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Kathleen Quinlan crée des produits de soins pour la peau purs, éthiques et entièrement naturels. Dans sa maison en Nouvelle-Écosse, elle développe Fiore Botanica pour en faire un acteur dynamique et influent au Canada et partout dans le monde. Innovateurs, entrepreneurs et idéalistes

Vous êtes-vous déjà demandé comment les entrepreneurs réussissent à transformer leurs rêves en réalité ? Ce qui les motive à repousser les limites, à susciter le changement et à faire progresser leur secteur ? Nous avons eu l’occasion de le demander à des propriétaires de petite entreprise du Canada.

Kathleen Quinlan, finaliste pour le prix Micro-entreprise aux Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC, fabrique des produits de soins pour la peau entièrement naturels depuis plusieurs années. Tout a commencé dans sa cuisine, avec une cuillère et un bol. En 2009, elle a fondé Fiore Botanica et, au fil des ans, elle a vu son travail, sa vision et sa passion se transformer en une entreprise florissante.

Q. : Qu’est-ce qui vous a incitée à démarrer Fiore Botanica ?

Kathleen : Après une maladie grave, j’ai voulu limiter mon exposition aux ingrédients indésirables dans les produits de soins personnels. En visitant un magasin de produits naturels, j’ai choisi une crème supposément « naturelle ». Pourtant, quand j’ai commencé à lire l’étiquette, j’y ai trouvé des ingrédients que je cherchais à éviter. J’ai appelé Santé Canada en sonnant l’alarme : « J’ai trouvé ce produit qui est censé être naturel, mais qui contient tous ces ingrédients ! ». La réponse, c’est que si 65 % des ingrédients d’un produit figurent sur la liste des ingrédients naturels, il est possible d’y ajouter le qualificatif « naturel ».

Ce n’était pas acceptable pour moi. Avec mon parcours d’aromathérapeute et ma formation en chimie, je me suis demandé si j’arriverais à confectionner un nettoyant, une crème pour le visage, un tonique et peut-être une lotion pour le corps. Je me suis attelée à la tâche dans ma cuisine, armée d’une cuillère et d’un bol.

Je travaillais aussi comme massothérapeute, et bon nombre de mes clients venaient de l’industrie cinématographique. Je mettais mes crèmes à l’essai auprès d’acteurs et d’actrices célèbres, qui s’exclamaient : « Mais quelle est cette merveilleuse crème ? » Et je répondais : « C’est ma crème ! »

J’ai obtenu une licence pour mon produit auprès de Santé Canada et, à l’époque, mes clients pouvaient en acheter seulement lors d’un rendez-vous de massage. Ensuite, d’autres personnes ont commencé à entrer en contact avec moi – des amis d’amis de mes amis. J’ai remarqué que j’aimais vraiment ces activités, et j’ai senti un véritable lien se développer. J’ai constaté l’intérêt grandissant pour mes produits, et je savais qu’ils étaient entièrement naturels et que ce projet était vraiment dans mes cordes.

Q. : De nombreuses entreprises proposent des produits de soins pour la peau, à l’heure actuelle. Qu’est-ce qui distingue la vôtre ? Quelle est la clé de votre succès ?

Kathleen : Les produits entièrement naturels ressortent du lot. De nos jours, les consommateurs sont de plus en plus avertis ; ils savent lire les étiquettes et reconnaissent les ingrédients naturels.

En fait, je n’ajoute pas le terme « naturel » à mes produits. Il s’agit d’une tactique de marketing dont d’autres se servent pour justifier un prix plus élevé.

Q. : Accordez-vous la priorité au travail « dans l’entreprise » ou au travail « sur l’entreprise » ? Avez-vous parfois de la difficulté à gérer votre temps ?

Kathleen : J’ai toujours une longue liste de tâches à effectuer dans une journée – et j’arrive souvent à en accomplir une bonne partie, mais je me montre réaliste. Pour nous, les propriétaires d’entreprise, tout tourne autour de nous. Or, il faut parfois s’accorder une pause. Parce que si je ne ralentis pas un peu, de temps en temps, je risque de m’épuiser, ce qui ne profite à personne.

À la fin de la journée, je me sens fatiguée, mais c’est une bonne fatigue. Elle se distingue d’une fatigue provenant d’un travail moins gratifiant.J’éprouve un véritable sentiment de satisfaction à la fin de ma journée.

Q. : Qu’en est-il de l’embauche du personnel ? Comment repérez-vous des personnes extraordinaires pour représenter votre marque ?

Kathleen : Vu que Fiore Botanica est une petite entreprise, c’est moi qui m’occupe de la plupart des tâches quotidiennes. Comme j’habite dans une petite communauté, j’ai tendance à embaucher plus d’étudiants pendant l’été, surtout parce que je veux les aider à rester à l’université.

Ce sont les meilleurs employés, et je n’ai aucune idée préconçue quant à leur apparence ou à leur personnalité. Bon nombre de jeunes hommes incroyables m’ont donné un coup de main au magasin et à la production. J’aime briser les stéréotypes. Si on me demande : « Pourquoi as-tu embauché un garçon pour vendre tes produits de soins pour la peau ? », je réponds : « Parce qu’il est fabuleux ! »

Q. : Quelles sont les personnes qui vous ont appuyée dans votre parcours ?

Kathleen : Quand je pense à mon équipe et à ceux qui m’aident, j’éprouve de la reconnaissance envers ma famille et mes amis, qui me permettent de m’absenter de leur vie. C’est très dur, mais avec leur soutien, je n’ai pas besoin de culpabiliser lorsque je dois refuser une invitation. De plus, je fais appel à un mentorat pour entrepreneurs depuis environ huit ans, et j’accorde beaucoup d’importance à cette relation.

Q. : Quel est le plus grand défi que vous avez eu à relever en tant que propriétaire d’entreprise ?

Kathleen : Mes doutes quant à mes capacités. J’ai entamé ce projet dans ma cuisine. Alors, est-ce qu’on peut vraiment me prendre au sérieux ? J’ai eu de la difficulté à me faire confiance.

Q. : De nombreuses petites et jeunes entreprises citent le flux de trésorerie comme un défi de taille. Comment voyez-vous la gestion du flux de trésorerie?

Kathleen : Les difficultés liées au flux de trésorerie constituent certainement un problème majeur. Par exemple, quand nous avons commencé à pénétrer le marché des hôtels, nous avons reçu d’énormes commandes. Pour répondre à la demande, nous devions nous approvisionner en ingrédients, mais nous ne disposions pas de l’argent nécessaire. Nous avons donc dû demander à nos clients de payer 50 % du montant à l’avance. L’incertitude associée au financement et au flux de trésorerie limite vraiment la planification des projets – et leur réalisation.

Q. : En tant qu’entrepreneure, avez-vous l’impression d’avoiraffronté des difficultés particulières en bâtissant votre entreprise – ou d’en affronter encore aujourd’hui ?

Kathleen : Les femmes font face à des défis complètement différents. La situation s’est améliorée, mais elle est loin d’être idéale. Ce sont les femmes qui créent la majorité des petites entreprises et des entreprises rentables. Cependant, nous recevons moins de capital de risque pour les développer.

Au début des années 1960, les femmes ne pouvaient pas obtenir un prêt bancaire sans présenter une lettre de leur mari. Aujourd’hui, en 2018, cette mentalité est encore présente. J’ai passé des années à travailler et à économiser parce que j’avais l’impression qu’une banque ne voudrait même pas me rencontrer.

C’est pour cette raison qu’il est important de créer des prix pour les femmes plutôt que des prix tout court. Nous devons continuer de mettre des femmes à l’avant-scène pour que d’autres femmes puissent voir qu’elles ont cette possibilité.

Q. : Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui démarre une entreprise ?

Kathleen : Efforcez-vous de très bien connaître votre secteur d’activité. Il est tout à fait acceptable de ne pas tout savoir et de l’admettre. Ce qui n’est pas acceptable, c’est de refuser de chercher des réponses. Pour certains, il s’agit de suivre des cours et pour d’autres, de travailler en apprentissage.

Je n’ai jamais étudié dans une école de gestion, mais je savais comment commercialiser mes produits. J’ai parlé à des gens que j’avais vu exceller. J’ai rencontré des personnes qui m’inspiraient et qui m’ont aidée en répondant généreusement à mes innombrables questions.

De plus, il est très important d’avoir accès à un mentor. Un mentor pour entrepreneurs, c’est quelqu’un à qui vous pouvez parler et qui peut vous aider à gagner en confiance.

Vous devez aussi aimer vos activités. Quand vous y prenez plaisir, le travail acharné en vaut la peine – c’est un sentiment fantastique. Si votre projet ne vous passionne pas, vous n’y arriverez pas.

En novembre 2018, les réalisations de 23 femmes ont été soulignées par les Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2018. Ces femmes exceptionnelles et leurs entreprises pionnières dans une variété de secteurs ont un objectif en commun : se distinguer par leur excellence.

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